25/08/2008

Dix soldats morts en Afghanistan : le prix de l'aveuglement et de la perfidie sarkozyste

494549.jpgDix soldats français sont tombés au champ d’honneur, le 18 août dernier en Afghanistan. La plupart étaient jeunes et peu aguerris. Nous partageons d'autant plus le chagrin de leurs familles que ces hommes ne sont morts, non pas pour la liberté, non pas pour leur patrie, mais pour la défense des intérêts économiques américains dans ce pays.

Ces hommes sont morts de la perfidie d'un Président qui a tenu à maintenir et à accentuer la présence militaire française en Afghanistan, alors qu'il avait promis totalement l'inverse durant la campagne présidentielle. Ces hommes sont morts de l'aveuglement d'un Président dont la politique étrangère et de défense est guidée par le seul souci de plaire à Washington, contre tout bon sens et contre le rôle traditionnel de la France dans le monde. Ainsi le Président avait-il cru bon d'envoyer il y a quelques mois 700 hommes supplémentaires dans ce pays, contre l'avis de l'état-major interarmes, contre celui de la majorité des Français. Tout cela contre l'intérêt même du peuple afghan.

Cette guerre qui est menée en Afghanistan depuis près de sept ans déjà montre en effet de jour en jour son dramatique échec. Tout simplement que parce que la présence militaire occidentale ne s'est jamais accompagné d'une véritable politique d'aide au développement de l'économie afghane, ni de réel soutien au combat contre l'obscurantisme musulman. Non, cette présence militaire n'a jamais servi que les intérêts américains à court terme, à savoir pétroliers. Dès lors, est arrivé ce qui devait arrivé : ce que les Afghans considèrent comme une occupation a nourri le nationalisme, mit le pays à feu et à sang - 76 civils encore tués ce vendredi par des frappes américaines - , et a donné un boulevard aux Talibans pour leur retour au pouvoir !

Il est plus que temps que la France, si elle est encore la France, cesse sa participation à cette guerre criminelle et désastreuse pour le peuple afghan.
Et qu'elle s'engage sur la voie d'une autre politique, véritablement utile à ce peuple.

Pour cela, encore faut-il que la France refuse sa réintrégration complète dans l'OTAN, cet outil impérialiste et belliciste au service des seuls intérêts américains, et quitte même l'organisation définitivement.

Hélas, combien de soldats français morts faudra-t-il encore pour que nos dirigeants se réveillent?

L'Action Républicaine

15/07/2008

Nicolas Sarkozy : derrière le comique-troupier, un soldat zélé et habile de l'européisme totalitaire

file_338457_136562.jpgNicolas Sarkozy est un grand farceur, un immense illusionniste. Certainement l'un des meilleurs qu'on n'ait jamais eu dans ce pays. La situation de l'Europe ne serait pas grave que cela en serait comique. C'est ainsi que depuis le début de son mandat de président de l'Union Européenne, l'occupant de l'Elysée n'a eu de cesse de jouer à l'eurosceptique, de critiquer l'Europe telle qu'elle est construite actuellement. Comme si, évidemment, il n'en était pas l'un des acteurs les plus farouches ! « Ça ne va pas, ça ne va pas du tout, l’Europe inquiète ! » a-t-il reconnu devant les téléspectateurs de France 3, lundi soir. Son souhait ? « Il faut une Europe qui protège ! » a-t-il scandé une bonne dizaine de fois.Voilà qui rappelle d'autres envolées, celles de sa campagne électorale de 2007. Depuis cette époque, il n'a de cesse de s'en prendre à l'indépendance de la BCE, et à sa politique de l'euro fort, et au credo libre-échangiste destructeur.

Plafonnement de la TVA, fiscalité, environnement, immigration, Nicolas Sarkozy a ainsi exposé les grands chantiers qui l’attendaient pendant ces six mois prochains mois. « Ce qui est important, c’est de faire bouger les choses, a-t-il prévenu. Je veux créer un choc salutaire. » Et d’ajouter, fier et grave : « Il faut changer profondément notre façon de faire l’Europe ».

Il y en aurait hélas beaucoup pour croire encore à ses discours, véritable tour d'illusionniste. Pas nous. Nicolas Sarkozy brasse du vent. Et joue en toute conscience l'idiot utile de l'européisme. Jamais, depuis ses critiques proférées à l'encontre de l'Europe de Bruxelles, il ne s'est donné les moyens pour donner une réalité à ses prétendues revendications.

En juin dernier, lors de la négociation du traité européen chargé de remplacer la Constitution européenne, le futur Traité de Lisbonne, il s'est tout bonnement couché devant l'idéologie européiste. Il a accepté sans le moindre rechignement un traité, véritable copie de la Constitution européenne, qui pérennisait le système qu'il avait tant combattu... verbalement. Un traité qui enterre donc ses revendications, ainsi même que la possibilité future de se battre pour. Un traité qui fait de lui un simple préfet docile de Bruxelles, chef d'un gouvernement de fantoches. Qui plus est, un traité qu'il a imposé à des Français cocus deux fois, en 2005 et en 2007.

Aujourd'hui, Sarkozy le clown, Sarkozy le comique-troupier que tous les européistes raffolent, nous refait le coup de l'eurosceptique en guerre contre les tenants de Bruxelles. Pures gesticulations donquichottiennes ! Pure tromperie ! Pure comédie nauséabonde ! Il sait très bien que les Français, et l'ensemble des peuples européens, n'en peuvent plus de cette Europe folle. Alors, au lieu de tenir un langage eurobéat qui fait fuire tout le monde, il surfe sur cette vague «eurosceptique »... pour mieux la manipuler et la faire taire.

Que les euro-intégristes de base de tous poils se rassurent, Nicolas Sarkozy est des leurs. Il n'est en rien un eurosceptique, un gaullo-souverainiste, un nationaliste ou que sais-je encore. Il est au contraire leur meilleur allié. Il est même sans aucun doute l'un des soldats les plus zélés et les plus habiles de la cause européiste totalitaire. Eurosceptique par devant, européiste par derrière, il en est absolument le meilleur gardien.

L'Action Républicaine

29/06/2008

Traité de Lisbonne : la sanction démocratique irlandaise

irlande.jpgPar Laurent Dauré & Dominique Guillemin


Le 12 juin, le peuple irlandais a rejeté le traité de Lisbonne par 53,4 % des voix. Sa Constitution l’obligeant à organiser un référendum, l’Irlande fut le seul pays de l’Union où purent s’exprimer les enjeux du processus d’intégration à l’œuvre malgré l’échec du traité constitutionnel européen en 2005.

Le Non irlandais ne doit pas être interprété comme un refus isolé, il s’inscrit au contraire dans la continuité des Non français et néerlandais. Les aveux de nombreuses personnalités européennes en attestent. Valéry Giscard d’Estaing, architecte en chef de la Constitution, avait lui-même affirmé que le « mini-traité » a le même contenu que le texte précédent. Ainsi : « La substance de la Constitution est maintenue. C’est un fait », comme l’avoue Angela Merkel.

Pour la troisième fois un peuple européen repousse une vision présentée comme incontournable. Malgré leur fameuse « pédagogie », les élites européennes peineraient encore à convaincre ? Ne serait-il pas temps qu’elles prennent acte de cette fin de non-recevoir pour redéfinir le projet européen ? Mais ceci nécessiterait un véritable débat qu’elles n’ont aucunement l’intention d’ouvrir, les dirigeants de l’UE restant sourds à toute proposition alternative. L’acharnement dogmatique dont ils font preuve pour imposer leurs vues en contournant les peuples réticents jette rétrospectivement un voile de suspicion sur les étapes précédentes de l’intégration européenne. Car, après tout, comme l’a dit José-Manuel Barroso : « Si on avait organisé un référendum sur la création de la Communauté européenne, ou sur l’euro, vous croyez vraiment que ce serait passé ? »

Si l’’Europe est « dans l’impasse », c’est qu’elle n’envisage qu’’une seule voie ; si elle est « en crise », c’’est qu’elle souffre de schizophrénie. En effet, comment pourrait-elle concilier les vertus démocratiques dont elle se prévaut tout en niant la souveraineté des peuples qui en sont la source ? La seule solution que les européistes consentent à apporter à leurs échecs est toujours « plus d’’Europe ». En 2005, l’onction de la légitimité populaire paraissant acquise, les citoyens européens furent abondamment informés du projet qu’on leur soumettait ; en 2008, le traité de Lisbonne ressuscita la Constitution Giscard en la camouflant sous une forme quasi illisible. Avant même le résultat du vote irlandais, les députés européens rejetèrent par 499 voix contre 129 un amendement déposé par la Gauche unitaire européenne demandant que le Parlement « s’engage à respecter le résultat du référendum irlandais ». En bon droit communautaire, un traité doit être accepté à l’unanimité des États membres pour pouvoir entrer en vigueur, pourtant l’Union européenne considère ce principe comme obsolète, plaçant sa propre légitimité au-dessus de celle des nations qui la composent, des nations reléguées au statut de vestiges archaïques dont il convient de se débarrasser.

Aussi faut-il s’attendre aux mêmes supercheries après le Non irlandais. On y réfléchissait à Bruxelles avant même que la date du référendum ne soit fixée. Si cette fois-ci il semble peu probable que l’on fasse voter à nouveau les Irlandais (comme pour le traité de Nice), plusieurs dirigeants européens suggèrent carrément de poursuivre le processus de ratification comme si de rien n’était ; on envisage également un aménagement du traité sur le modèle anglais et polonais et même un isolement pur et simple de l’Irlande, qui se retrouverait ainsi écartée de l’’Europe « normalisée ». La « petite » Irlande ingrate de surcroît — ne pouvant pas décemment s’opposer à la construction européenne.

Une épaisse confusion règne sur la notion de souveraineté, notion qui semble déjà caduque quand il s’agit des nations et qui reste illégitime quand elle émane du « premier empire non impérial » (José-Manuel Barroso). Paradoxe pour paradoxe, pourquoi ne pas parler aussi de première démocratie non démocratique ?

Comment envisager dans ce contexte la présidence française de l’UE à partir du 1er juillet ? Celle-ci, longuement préparée et attendue par Nicolas Sarkozy, devait entériner « le retour de la France dans l’Europe ». Anticipant l’entrée en vigueur du traité de Lisbonne le 1er janvier 2009, le Président souhaitait relancer de grands chantiers européens. Devra-t-il tempérer ces ambitions pour ne gérer qu’une nouvelle période de crise et d’attente ou saura-t-il se saisir de cette occasion, appliquant le volontarisme politique qu’il a si souvent prôné, pour sortir l’Europe de la seule véritable impasse dans laquelle elle s’est mise, celle d’’un projet coupé de l’’intérêt des peuples et des nations ? On peut en douter, mais alors le projet européen achèvera de perdre toute crédibilité démocratique.

Jusqu’alors les européistes ont systématiquement assimilé l’Union européenne au Bien en soi, ce Bien n’étant ni contestable ni négociable. C’est ainsi qu’ils défendent l’idée d’une Europe octroyée par le haut, à la manière de ce « despotisme éclairé » dont parlait fièrement Jacques Delors. C’est cette même Europe que viennent de refuser les Irlandais.