27/04/2008
« Anéantir notre Défense nationale et notre démocratie républicaine »
« Etat dépendant de lobbies industriels sous dominance étrangère »

Fait sans précédent dans l'histoire de toutes les Républiques, les six fédérations syndicales représentant le personnel civil de la Défense viennent d'adresser une lettre-ouverte à Nicolas Sarkozy président de la République, chef des Armées.
Dans ce document aux accents historiques, les six syndicats commencent par souligner qu'« un tiers des effectifs de personnels civils serait supprimé avec le triptyque RGPP (révision générale des politiques publiques), Livre Blanc (sur la fonction publique) et loi de programmation militaire ». Ils soulignent que les personnels civils du ministère de la Défense ont « déjà payé un lourd tribut aux restructurations permanentes, avec une réduction des effectifs de 50% en une quinzaine d'années ».
Puis les personnels de la Défense lancent une solennelle mise en garde à destination de l'ensemble des Français : « Les orientations et les choix qui se dessinent et qui pourraient être annoncés aux personnels et à l'opinion publique le 19 juin, aboutiraient à anéantir les capacités industrielles et de soutien d'une Défense Nationale qui n'en serait plus une ».
Plus terrible encore, les six syndicats expliquent que « la réforme de la carte militaire va contraindre la France à passer d'une démocratie républicaine possédant des valeurs fortes avec des fonctions régaliennes à un Etat dépendant trop souvent des lobbies industriels dont les secteurs sensibles peuvent passer sous dominance étrangère par le biais de fusions capitalistiques non maîtrisées ».
« Nous vous demandons solennellement, Monsieur le président de la République, de ne pas approuver de telles orientations et options destructrices de l'outil de défense de la France, aux conséquences sociales et économiques lourdes pour les salariés et les collectivités territoriales ».
COMMENTAIRE
Cette déclaration publique et solennelle est un fait historique. Pour la première fois dans l'Histoire, les personnels civils de la Défense (soutenus secrètement par un très grand nombre de personnels militaires mais qui sont dépourvus du droit syndical) prennent à témoin l'opinion publique pour expliquer que le président de la République est en train d' « anéantir notre Défense nationale » et notre « démocratie républicaine » pour les remplacer par un « Etat dépendant de lobbies industriels sous dominance étrangère ».
Si les mots ont un sens, cela signifie que les personnels du ministère de la Défense accusent tout bonnement, entre les lignes, le chef de l'Etat de se rendre coupable de haute trahison au profit d'intérêts étrangers.
01:21 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : défense nationale, armée, sarkozy, rgpp
29/03/2008
Pas de troupes françaises en Afghanistan
Retirer la France de l'OTAN, outil américain de guerre et d'agressionRépondant aux exigences répétées de Georges Bush, Nicolas Sarkozy a décidé unilatéralement et sans consultation préalable du Parlement, d’envoyer 1000 militaires français en Afghanistan, lesquels viendraient s’ajouter aux 1900 qui déjà combattent le peuple Afghan dans une guerre américaine illégitime, sous les ordres directs de l’Administration des Etats-Unis qui contrôle l’Otan globalement.
En s’installant dans cette logique de guerre, Monsieur Sarkozy confirme qu’il n’est que le Président d’une République Française qui, sous son influence, s’enfonce toujours davantage dans l’engrenage de la souveraineté limitée inhérente au carcan euro-atlantiste. Sous sa pratique d’un pouvoir personnel apparent, la réalité est une fuite en avant dans l’approfondissement de la vassalisation de la France.
L’armée française est en passe de devenir une structure supplétive de la politique d’agression et de guerre de l’impérialisme américain. Face à celle-ci, une politique étrangère conforme à l’intérêt national, nécessiterait au contraire, une volonté d’endiguement de la menace américaine et de défense de la paix mondiale, dans le respect du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes.
En Europe, le bellicisme de notre Président représentant de la bourgeoisie compradore, n’est pas isolé notamment en Grande-Bretagne et en Allemagne. Dans ce pays l’ancien ministre de la défense Joseph Fischer est inquiet devant l’incapacité des troupes de l’Otan de gagner la guerre voulue par les stratèges américains en Afghanistan. Dans ce pays, les combats s’intensifient. Le bilan des pertes américaines s’accroît et s’ajoute à celles de la guerre coloniale en Irak. Cela fait progresser la prise de conscience du peuple américain et son refus de ces guerres.
Devant cette réalité Fischer, homme de « gauche » n’hésite pas : ce qui est en jeu en Afghanistan « c’est une victoire ou une défaite sur le terrain » et donc « l’avenir même de l’Otan ». Pour le moment le gouvernement allemand semble réticent devant l’hypothèse de suivre Joseph Fischer. Celui-ci estime que l’Allemagne, la France et la Grande Bretagne doivent agir de concert et développer des forces militaires « européennes » Ce n’est pas nouveau, Fischer défend l’idée d’une politique européenne militaire et de sécurité sous hégémonie allemande. Il confirme en cela une fois encore l’analyse du Comité Valmy du rôle à la fois complice et concurrent de l’impérialisme allemand par rapport à la politique des dirigeant américains.
Cette guerre américaine en Afghanistan, comme d’autres, est menée au nom de la lutte « contre le terrorisme » Mais les services de renseignements US eux –mêmes, confirment que ces guerres peuvent exacerber -et nous considérons que c’est l’un de leurs objectifs- des contradictions au sein des peuples, entre les cultures et les civilisations. Sarkozy dans sa logique et sa volonté de guerre n’est aucunement représentatif du peuple français qui était avec raison, quasiment unanime sur le refus de la guerre américaine contre l’Irak exprimé à l’époque par Jacques Chirac et Dominique de Villepin.
Nous estimons que les Français doivent exiger que la France officielle renonce à la politique de guerre de Sarkozy et à transformer les soldats qui agissent au nom de la France, en supplétifs d’une guerre américaine injuste, illégitime et illégale.
Le Comité Valmy estime que les militaires français doivent quitter l’Afghanistan et qu’il est de l’intérêt de la France de se retirer de l’Otan. Nous estimons aussi que cet appareil d’agression et de guerre sous contrôle absolu des USA doit être dissous dans l’intérêt de la paix dans le monde qu’il menace en permanence.
Nous estimons que la France s’inspirant de l’exemple donné par le Général de Gaulle, doit refuser toute participation à une guerre qu’elle n’aurait pas elle-même décidée. Il convient à cet effet, de rétablir une politique de défense nationale souveraine, dans le cadre d’une indépendance nationale réaffirmée.
Nous estimons encore que la République française doit rétablir la conscription. L’armée française doit redevenir l’armée la nation et celle de notre peuple, au service de sa défense. La souveraineté populaire et nationale ainsi que la démocratie, détruites par le totalitarisme néolibéral et atlantiste de l’Union européenne, doivent être rétablies.
Gilles Bachelier et Claude Beaulieu, pour le Comité Valmy
15:37 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sarkozy, afghanistan, otan, atlantisme, comité valmy
27/03/2008
Echec des municipales : la rupture gaulliste, républicaine et sociale, plus que jamais d’actualité
Municipales : le triple désaveu
Texte publié dans la rubrique « opinions » du magazine Marianne du 22 mars 2008
N’en déplaise à ceux qui veulent nier l’évidence, les élections municipales sont une claque pour le président de la République et pour l’UMP.
Le coup de balancier vers la gauche a d’ailleurs épargné tous les candidats de droite qui avaient été critiques à l’égard du comportement et de la politique présidentiels.
En restant à la maison, les électeurs de Nicolas SARKOZY de mai 2007, notamment l’électorat populaire, n’ont pas – comme on veut le faire croire aujourd’hui – manifesté une impatience sur le rythme des réformes.
Contresens total qui, s’il conduisait à accélérer droit dans le mur, provoquerait de graves désordres sociaux.
Il s’agit en fait d’un triple désaveu.
Désaveu du style présidentiel, tout d’abord. Ce qui devait arriver est arrivé. Nicolas SARKOZY, à force de s’agiter en tous sens, de résumer sa fonction à des coups de showbiz, de se complaire dans l’argent et l’étalage de son ego, a choqué et déçu la France réelle. En ne parvenant pas à endosser les habits présidentiels, il sème une profonde inquiétude dans le pays.
Désaveu de l’ouverture. La soi-disant idée géniale finit logiquement en véritable fiasco. Le débauchage des KOUCHNER, BESSON et autres, n’a pas apporté une voix. L’électorat traditionnel de la droite a été oublié. Simple succursale de l’Elysée dirigée par un collaborateur du président, l’UMP est maintenue dans un état de léthargie totalement incompatible avec le rôle d’un parti majoritaire !
Désaveu surtout de la politique menée car en vérité cette politique n’a rien à voir avec celle promise ou susurrée durant la campagne présidentielle. Les Français ont cru que Nicolas SARKOZY réussirait là où François MITTERAND et Jacques CHIRAC avaient échoué. Mais une fois élu, le volontarisme politique anti-pensée unique, inspiré par Henri GUAINO, a laissé la place au conformisme libéral, atlantiste et européiste.
Le traité de Lisbonne a été ratifié dans le dos du peuple, au plus total mépris des aspirations de justice sociale et de liberté démocratique exprimées lors du référendum de 2005, l’euro flambe sans susciter de réaction présidentielle sérieuse, les délocalisations se multiplient, les poches des Français se vident et la grogne sociale s’amplifie.
La question est simple aujourd’hui : le Président peut-il changer d’attitude ? Le Gouvernement peut-il changer de politique ? En toute probabilité, soyons francs, cela relèverait du miracle… Aussi, seule la pression d’une offre politique vraiment alternative peut faire évoluer le système. Il ne s’agit pas, fondamentalement, d’être un peu plus au centre, comme le préconisent certains, ou un peu plus à droite ou à gauche, comme le disent quelques autres.
Il faut en réalité mettre en œuvre une autre politique économique et sociale, qui protège davantage notre tissu industriel et nos emplois, réduise les inégalités criantes d’aujourd’hui au lieu de les exacerber et valorise nos atouts pour renouer avec la croissance. Bien entendu, cela implique de briser le tabou de la pensée unique européenne et de refonder la construction de l’Europe sur des bases enfin assainies. Dans le chaos libéral mondial qui se développe sous nos pieds, l’Europe peut renaître si le peuple français a le courage d’aller au bout de sa logique de mai 2005, remettant en cause les carcans de la Banque centrale européenne, de la Commission toute-puissante de Bruxelles et du gouvernement des juges de la Cour européenne de Justice. Avec un baril de brut à 110 $, un euro à plus d’1,6 $ (bientôt 1,7 ?), un déficit commercial et un chômage de masse structurellement grandissants, l’heure de vérité approche inexorablement.
L’alternative sera simple : ce sera la rue ou la rupture européenne. Les élections au Parlement européen de 2009 seront, à cet égard, déterminantes… Tous les gaullistes, les républicains, les forces politiques indépendantes des appareils et lucides quant à la situation, devraient s’unir pour percer dans les urnes et porter ce nouveau message d’espérance.
Nicolas DUPONT-AIGNAN Député DLR de l’Essonne Président de Debout la République
15:31 Publié dans République | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, république, dupont-aignan, municipales, gaulliste


