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<title>LE NATIONAL-REPUBLICAIN - nation</title>
<description>Pour une France Libre et Républicaine</description>
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<lastBuildDate>Fri, 29 May 2009 05:34:47 +0200</lastBuildDate>
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<title>A quand le retour de la Nation et de la République dans les défilés du 1er mai ?</title>
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<author>noreply@hautetfort.com (Thimèle)</author>
<category>Nation</category>
<pubDate>Mon, 04 May 2009 01:42:47 +0200</pubDate>
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&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://republique.hautetfort.com/media/00/02/371989682.jpg&quot; id=&quot;media-1734132&quot; alt=&quot;marianne1.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; /&gt;Le charme des manifestations marseillaises du 1er mai, c’est qu’il fait beau, et que cela se termine à l’heure du pastis, laissant l’après-midi de libre. Ce matin, j’ai donc regardé le défilé traditionnel des forces qui incarnent le mouvement social.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Côté syndical, rien de surprenant, la CGT assure facilement 80&amp;nbsp;% des forces du cortège.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Sans doute une spécificité marseillaise, le syndicat Force ouvrière n’était pas de la manifestation. Un cortège de l’Unsa, de la CFTC (j’avoue que je ne comprends pas, en 2009, le sens d’un syndicat des travailleurs chrétiens), de la CFDT, suivi des syndicats enseignants, de quelques associations réclamant en même temps le droit au logement et la régularisation de tous les sans-papiers, et des organisations d’extrême gauche, de la mouvance anarchiste (CNT) à la mouvance trotskiste (NPA, Lutte ouvrière). Le mot d’ordre de NPA était&amp;nbsp;: &quot;Ils sont seuls, et nous sommes des milliards&amp;nbsp;!&quot; Je ne pus m’empêcher de dire à un de leurs militants que si cela se posait ainsi, cela ne serait pas difficile de gagner.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Si la CGT était la plus nombreuse, son cortège était davantage convivial que combatif. Les embrassades, les éclats de rire et les grandes bourrades viriles étaient bien plus nombreuses que la reprise des mots d’ordre écrits sur les banderoles&amp;nbsp;: augmentation des salaires, des retraites, défense de l’emploi et des services publics.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Dans les autres cortèges syndicaux, c’était aussi silencieux. Seul un cortège syndical, animé par des militants de la FSU, au milieu des étudiants de l’IUFM appelait curieusement nos futurs enseignants à l’insurrection, et à jeter des pavés contre les députés, au Parlement, ce qui paraît un mot d’ordre curieux pour une organisation syndicale enseignante….&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Des militants de NPA et du Front de Gauche (PCF et Parti de gauche de Mélenchon) distribuaient des tracts, tout au long du cortège, appelant à une autre Europe.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Une chorale de femmes assurait une animation musicale remarquable, allant de L’Internationale à Bella Ciao, en passant par le chiffon rouge.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Michel Vauzelle, président socialiste du Conseil régional Paca, remontait la manifestation, et serrait beaucoup de mains, paraissant très apprécié par les militants syndicaux.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Je n’ai vu qu’un élu affichant l’écharpe bleu blanc rouge, et aucun drapeau tricolore. Il est vrai que la seule fois, un 1er mai, où j’ai vu des drapeaux bleu blanc rouge en masse, cela était le 1er mai 2002, entre les deux tours de la présidentielle.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le Pen étant au deuxième tour, toute la mouvance de la gauche socialiste, de SOS Racisme au MJS avait sorti, conseillée par Julien Dray, les drapeaux tricolores&amp;nbsp;! Pour une fois, une frange de la gauche contestait la Nation au Front national. Il n’y eut pas de lendemain.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Pourtant, quand j’entendais les militants défendre le service public, j’aurai trouvé bien qu’on fasse référence au Conseil National de la Résistance, à ses valeurs républicaines, et qu’on sorte le drapeau bleu blanc rouge.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Toujours sur le service public, j’aurais trouvé bien que les militants expliquent que la logique de Bruxelles, favorable à la libre concurrence et au libre échange, rend impossible toute défense du service public, et qu’il faut sortir de cette Europe, pour que cela redevienne possible. Seule la défense de la souveraineté nationale rend possible la défense du service public, et là encore, le drapeau bleu blanc rouge avait toute sa place, aux côtés des drapeaux rouges.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;J’aurais trouvé magnifique que la chorale de femmes chante «&amp;nbsp;La Marseillaise&amp;nbsp;», et le «&amp;nbsp;Chant des Partisans&amp;nbsp;» entre l’Internationale et Bella Ciao.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;J’aurais aimé, à cinq semaines des Européennes, entendre remise en cause la politique de Bruxelles, le viol de notre vote du 29 mai 2005. Pourquoi le mouvement syndical n’est-il plus capable de défendre une politique protectionniste qui s’oppose au libre échange voulu par les possédants&amp;nbsp;? Comment lutter contre les délocalisations, dans ce contexte&amp;nbsp;?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Quand je discutais – parfois vivement – avec des militants du NPA ou de Front de Gauche, les interpellant sur leur mot d’ordre «&amp;nbsp;construire une autre Europe&amp;nbsp;», en leur disant que c’était une imposture de laisser croire que cela soit possible, j’eus rapidement la confirmation qu’ils ne voulaient surtout pas qu’on puisse mettre en avant un mot d’ordre qui aurait remis au premier plan la défense de la République et de la Nation.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ils préfèrent avancer des mots d’ordre totalement utopistes, au sein d’une Europe à 27, que de remettre la souveraineté populaire au cœur du mouvement social.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Pourtant, remettre la Nation au coeur du combat social, ce serait, pour les syndicalistes, la seule façon de protéger le salariat, français et étranger, des conséquences de la mondialisation libérale, dont l’Union européenne est le fidèle relais.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Pierre Cassen, &lt;a href=&quot;http://www.ripostelaique.com/&quot;&gt;Riposte Laïque&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Lire l’article Vive la Nation&amp;nbsp;! de Georges Gastaud, paru sur le site du Comité Valmy&amp;nbsp;:&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://www.comite-valmy.org/spip.php?article236&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;http://www.comite-valmy.org/spip.php&amp;nbsp;?article236&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Lire également cet article, également sur le site Valmy, écrit par un résistant FTP, intitulé&amp;nbsp;: &quot;Un torche-cul, le drapeau tricolore&amp;nbsp;?&quot;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://www.ripostelaique.com/Un-torche-cul-le-drapeau-tricolore.html&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;http://www.ripostelaique.com/Un-torche-cul-le-drapeau-tricolore.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; 
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<title>Pétition pour le maintien du 8 mai</title>
<link>http://republique.hautetfort.com/archive/2008/05/18/petition-pour-le-maintien-du-8-mai.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (Thimèle)</author>
<category>Nation</category>
<pubDate>Sun, 18 May 2008 23:18:03 +0200</pubDate>
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&lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;center&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: times new roman; font-size: 12pt&quot;&gt;&lt;i&gt;Pétition à l'initiative de l'Union du Peuple Français&lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: times new roman; font-size: 12pt&quot;&gt;Une simple brève dans la presse écrite nationale ; une dépêche lue à la radio, c'est ainsi que les français ont appris en ce début du mois de mai 2008 que François Fillon n'écartait pas l'idée avancée par le Premier ministre Luxembourgeois, Jean-Claude Juncker, de faire du 9 mai, jour de la fête de l'Europe, un jour férié en remplacement du 8 mai.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Déjà en 1975, le président de la République, Valéry Giscard d'Estaing avait décidé de supprimer la commémoration de la victoire alliée du 8 mai au motif de la réconciliation franco-allemande dans le cadre de la relance de la construction européenne.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Cette volonté de supprimer le 8 mai participe d'une vision dévalorisante et mortifère de l’Histoire de France où certains souhaitent amputer la mémoire nationale pour faciliter une intégration dans une Europe fédérale, libérale et atlantiste.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Mais le devoir de mémoire ne peut se satisfaire d'une information sélective car les peuples qui ferment les yeux sur leur passé risquent fort d'être condamnés à le revivre en devenant aveugles devant le présent.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Au moment même où Nicolas Sarkozy a rendu hommage à &quot;la vraie France&quot;, celle de la Résistance, ajoutant que la France, &quot;elle n'était pas à Vichy, elle n'était pas dans la Collaboration&quot;, cette annonce constitue une véritable provocation.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Puisque l'idée d'un 9 mai férié en Europe, qui remplacerait le 8 mai, sera discutée au Parlement français, nous vous invitons à signer cette pétition pour le maintien d'un 8 mai férié et de ses commémorations nationales afin de démontrer à nos représentants l'attachement du peuple français à cette date anniversaire.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Diffusez et faites signer autour de vous cette pétition afin de leur rappeler que la commémoration de la victoire remportée par les armées françaises et alliées le 8 mai 1945, comme d'autres journées commémoratives telle que le 18 juin (anniversaire de l'appel du général de Gaulle depuis Londres) ou, surtout, le 11 novembre, rassemblent la population autour de grandes manifestations.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: times new roman; font-size: 12pt&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://www.mesopinions.com/Pour-le-maintien-du-8-mai-petition-petitions-9c116353f6b09785fadd8544081b3f5a.html&quot;&gt;Signer la pétition&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt; 
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<title>Hélas pour le français !</title>
<link>http://republique.hautetfort.com/archive/2007/09/29/helas-pour-le-francais.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (Thimèle)</author>
<category>Nation</category>
<pubDate>Sat, 29 Sep 2007 18:07:53 +0200</pubDate>
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&lt;div class=&quot;post-content&quot;&gt; &lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://republique.hautetfort.com/media/01/00/418c85d7203c278e5c7c457beea401d4.jpeg&quot; id=&quot;media-574889&quot; alt=&quot;aae26c8ca617d4f4f1232a96458d170a.jpeg&quot; style=&quot;border-width: 0pt; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0pt; float: left&quot; /&gt;L’Assemblée Nationale vient de ratifier à main levée le fameux protocole de Londres supprimant l’obligation de traduction en Français des brevets s’appliquant dans notre pays.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pour la première fois depuis Villers-Cotterêts sous François Ier, des textes en langues étrangères pourront faire foi dans l’enceinte de nos tribunaux&amp;nbsp;! Ce véritable coup de poignard asséné dans le dos de la langue française a été porté avec une parfaite inconscience par une petite majorité de Députés obéissant aux ordres de l’UMP et du PS.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Dans chaque parti cependant, des voix libres ont souligné la gravité et l’absurdité de cet accord. De Pascal Clément, à l’UMP, à Michel Vauzelle, au PS, en passant bien sûr par les communistes ou les gaullistes, la résistance s’est organisée. Mais le poids des deux principaux groupes l’a finalement emporté.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C’est la revanche des milieux d’affaires, après sept ans d’attente, puisque la ratification avait été bloquée par le Président Chirac grâce à la mobilisation des scientifiques, des universitaires, de l’Académie Française et de personnalités politiques de tous bords. Il était stupéfiant hier après-midi de voir à quel point les mots d’ordre des grands groupes français, qui déposent beaucoup de brevets et ne veulent plus les traduire en français par souci d’économies de bouts de chandelles, étaient entonnés en chœur, avec cynisme ou naïveté, par les apparatchiks des partis de gouvernement.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les débats de cet après-midi ont jeté une lumière crue sur «l’ouverture sarkozienne»&amp;nbsp;: une complicité totale entre la gauche néolibérale et la droite à la sauce Medef. Messieurs Jouyet et Novelli, main dans la main sur les bancs du Gouvernement. Messieurs Lequiller et Moscovici, main dans la main sur les bancs des Députés. Leur argumentation est habile, alternant menace et appel à la «modernité»&amp;nbsp;: pour réussir dans la mondialisation, il faut s’y fondre, s’y soumettre, la devancer en la singeant dans ses aspects mêmes les plus injustes et les plus étrangers à nos propres valeurs, à commencer par la diversité linguistique et culturelle.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Que vaut alors l’égalité du citoyen devant la langue, c'est-à-dire devant la loi&amp;nbsp;? Plus grand-chose manifestement, puisque nos législateurs ont implicitement accepté que l’anglais devienne la principale langue des affaires dans notre pays&amp;nbsp;! «Nul n’est censé ignorer la loi», alors tous à l’anglais et au trot&amp;nbsp;! D’ailleurs, c’est ce qu’affirme donc dans son dernier livre, toute honte bue, le ministre des Affaires étrangères lui-même&amp;nbsp;: «Après tout, même riche d’incomparables potentiels, la langue française n’est pas indispensable&amp;nbsp;: le monde a bien vécu avant elle. Si elle devait céder la place, ce serait précisément à des langues mieux adaptées aux besoins réels et immédiats de ceux qui la délaisseraient».&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Quant à nos intérêts économiques, ils sont de même sacrifiés. En effet, ainsi que j’ai fait valoir avec Jacques Myard, Jean-Pierre Brard, Pascal Clément ou Michel Vauzelle, les économies dérisoires bientôt réalisées par quelques multinationales auront pour contrepartie un transfert de charge démultiplié sur le dos des PME qui, pour connaître l’état des brevets, devront désormais payer elles-mêmes les frais de traduction en français. A moins que l’insécurité juridique créée par ce protocole ne les dissuade purement et simplement d’innover. D’autant que les multinationales anglo-saxonnes et japonaises vont pouvoir beaucoup plus facilement saturer le marché européen de leurs dizaines de milliers de brevets, dont la raison d’être même est bien souvent, selon leur tradition, d’étouffer toute concurrence.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Fatalement, en faisant sauter le verrou de l’obligation de traduction ce protocole va accélérer le déclin du français et ridiculiser notre pays au sein de la Francophonie.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Lors de mon intervention à la tribune, je voyais les visages de bon nombre de mes collègues qui savaient que nous disions vrai mais ne s’apprêtaient pas moins à commettre l’irréparable.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Car, comme toujours dans ce genre de circonstances, les avocats du renoncement expliquent habilement aux indécis qu’il vaut mieux un mauvais compromis qu’une résistance par nature risquée. De compromis en compromis, de lâcheté en lâcheté, d’abandon en abandon, que l’on ne s’étonne plus alors de voir notre pays perdre la volonté de se battre, lui qui assiste impuissant à l’affligeante capitulation de ses élites.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Avec beaucoup de dignité, celle des convictions sincères et du refus de la soumission aux fausses fatalités, les opposants au Protocole de Londres ont exprimé, chacun avec leurs mots, un appel vibrant à la liberté de la France.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Curieux et triste spectacle hier soir d’une Assemblée Nationale au 9/10ème vide qui a soigneusement évité la tenue d’un scrutin public. Une telle procédure aurait obligé à l’individualisation des votes ce qui n’aurait sans doute pas aidé à la ratification honteuse de ce traité&amp;nbsp;!&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il ne faut cependant pas céder au doute («&amp;nbsp;ce cancer de l’âme&amp;nbsp;» disait de Gaulle), mais au contraire garder espoir que les Français finiront par mesurer combien ils sont été trahis et se relèveront comme ils l’ont toujours fait au cours de leur histoire. Nous devons donc tenir bon et travailler au redressement&amp;nbsp;! Même si parfois il est dur de vivre de tels moments.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: right&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://www.nda2007.fr/blog/&quot;&gt;Nicolas Dupont-Aignan&amp;nbsp;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;/div&gt;
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<guid isPermaLink="true">http://republique.hautetfort.com/archive/2007/09/23/de-l-eclatement-des-nations-a-l-europe-des-regions.html</guid>
<title>De l'éclatement des nations à l'Europe des régions ?</title>
<link>http://republique.hautetfort.com/archive/2007/09/23/de-l-eclatement-des-nations-a-l-europe-des-regions.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (Thimèle)</author>
<category>Nation</category>
<pubDate>Sun, 23 Sep 2007 19:55:00 +0200</pubDate>
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&lt;h3 class=&quot;access&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://republique.hautetfort.com/media/02/00/00d0cb6d6443d3f1c9b98c9bfdc293cb.jpg&quot; id=&quot;media-565473&quot; alt=&quot;2e1307b5363726dbfa9835e3d68e3e07.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0pt; margin: 0.2em 0pt 1.4em 0.7em; float: right&quot; name=&quot;media-565473&quot; /&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot; size=&quot;3&quot;&gt;&lt;i&gt;&lt;b&gt;Par Christophe Beaudouin&lt;/b&gt;&lt;/i&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Les historiens qui, dans un lointain futur, chercheront à comprendre l'évolution géopolitique de l'Europe au début du XXIème siècle, auront de quoi être perplexes. Ils se demanderont sans doute pourquoi l'Europe a franchi une étape décisive vers le fédéralisme, au moment même où en son sein, le Royaume de Belgique voyait son propre Etat fédéral éclater. Ils se demanderont comment on a pu ne pas comprendre, à Bruxelles même, épicentre de l'unification européenne, les enseignements fournis sur place par ce pays laboratoire du fédéralisme ? Comment on a pu s'obstiner à tenter d'incorporer près de trente peuples sans doute bien plus différents les uns des autres que Wallons et Flamands... et ce, à l'instant précis où sous les fenêtres des institutions bruxelloises, la crise entre ces deux communautés démontrait la fragilité d'une fédération qui ne parvenait à devenir une véritable nation ?&lt;/font&gt;&lt;/h3&gt; &lt;font face=&quot;Times New Roman&quot; size=&quot;3&quot;&gt;Nos historiens&amp;nbsp;futurs&amp;nbsp;trouveront peut-être quelques réponses sur le blog militant du correspondant européen de Libé, Jean Quatremer, qui depuis quelques jours à Bruxelles, se réjouit de l'explosion annoncée de la Belgique. Bien qu'un récent sondage indique que seulement 40% des Flamands sont en faveur de l'indépendance, les responsables politiques néerlandophones souhaitent en effet&amp;nbsp;la scission. La Belgique vit une crise de régime sans précédent, du fait de l'impossibilité depuis le 10 juin dernier de constituer un gouvernement fédéral, les partis flamands présentant des revendications autonomistes inacceptables pour les francophones.&amp;nbsp;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Dans &lt;a href=&quot;http://bruxelles.blogs.liberation.fr/coulisses/2007/09&quot; class=&quot;liens&quot; onclick=&quot;window.open(this.href,'_blank');return false;&quot;&gt;un article du 3 septembre&lt;/a&gt; judicieusement intitulé &quot;&lt;i&gt;L'éclatement de la Belgique soluble dans l'Europe&lt;/i&gt;&quot;, M. Quatremer commence par rappeler avec force et justesse qu'&quot;&lt;i&gt;une éventuelle indépendance flamande ne serait nullement contraire à l'idée européenne&lt;/i&gt;&quot;. Mieux, il estime que &quot;&lt;i&gt;l'Union ne peut que soutenir la revendication flamande, celle-ci étant tout à fait légitime au regard des principes qui ont présidé à sa création&lt;/i&gt;&quot;.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Au-delà du fait qu'il est savoureux de voir Jean Quatremer en accord avec les nationalistes flamands, il&amp;nbsp;faut admettre&amp;nbsp;qu'il a&amp;nbsp;raison au-delà même de la question belge : les autonomismes régionaux et l'européisme sont des alliés objectifs... du moins pour le moment. Tout ce qui peut travailler au détricotage des identités nationales - séparatismes, régionalismes, communautarismes&amp;nbsp;multiples&amp;nbsp;sans oublier&amp;nbsp;l'immigration -&amp;nbsp;devrait faciliter peu à peu&amp;nbsp;l'effacement de ce qui reste d'identité,&amp;nbsp;puis de souveraineté, en vue du grand basculement dans la &quot;purée de marrons&quot; supranationale.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;b&gt;Désintégration nationale et intégration européenne&lt;/b&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Il s'agit d'un pari d'apprentis-sorciers. S'ils veulent&amp;nbsp;d'ici quelques décennies, que l'Europe soit devenue un véritable &quot;pays&quot; composé de véritables &quot;citoyens&quot; européens, il faut commencer par faire table rase en sciant doucement les racines, souvent profondes, des nations actuelles.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Plusieurs instruments européens concourent à favoriser ces séparatismes, dont nous nous gardons bien ici de juger la légitimité.&amp;nbsp;Il y a la petite dizaine de conventions et chartes du Conseil de l'Europe (charte des langues régionales etc.) qui tendent, derrière des apparences généreuses, à promouvoir une nouvelle carte politique de l'Europe dont ont disparu les frontières actuelles, à partir de fondements communautaristes ethniques et/ou linguistiques, bien analysés par l'historien Pierre Hillard.&amp;nbsp;&amp;nbsp;De même, le Comité des régions de l'UE créé par le Traité de Maästricht&amp;nbsp;trouve sa raison d'être dans&amp;nbsp;cette logique régionaliste favorisant l'éclatement des constructions politiques que sont les Etats-nations, et dont la France est l'archétype. Bientôt d'ailleurs, les fonds structurels européens devraient être directement distribués et gérés par ces &quot;régions&quot;... Citons&amp;nbsp;enfin l'exemple de la Charte des droits fondamentaux bientôt contraignante, qui ouvre la porte des tribunaux à toutes les revendications communautaires, balayant la philosophie des droits et libertés fondamentaux conquis depuis la Révolution.&amp;nbsp;Comme le rappelle Alain Finkielkraut « &lt;i&gt;c'est contre le pouvoir des tribus que s'est constituée la pensée des droits de l'homme&lt;/i&gt; » &amp;nbsp;(&lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt;, 25 octobre 1989)&amp;nbsp;&lt;br /&gt; &amp;nbsp;&lt;br /&gt; Pour n'avoir pas compris que ce détricotage prendrait du temps, singulièrement en France mais pas seulement, les promoteurs du premier traité constitutionnel prirent une sévère déculottée le 29 mai 2005. Ils avaient eu l'imprudence et la naïveté d'afficher la couleur en l'intitulant sans ambiguïté&amp;nbsp;&quot;&lt;i&gt;Constitution pour l'Europe&lt;/i&gt;&quot; et en prévoyant des &quot;&lt;i&gt;lois européennes&lt;/i&gt;&quot;, un &quot;&lt;i&gt;Ministre des affaires étrangères de l'Union&lt;/i&gt;&quot;, la consécration d'un &quot;&lt;i&gt;hymne européen&lt;/i&gt;&quot;, d'une &quot;&lt;i&gt;devise européenne&lt;/i&gt;&quot;, d'un &quot;&lt;i&gt;drapeau européen&lt;/i&gt;&quot;, d'une &quot;&lt;i&gt;journée de l'Europe&lt;/i&gt;&quot;, en somme tout l'apparat sémantique de l'Etat, en l'occurrence du super-Etat. Le Président de la République de l'époque ayant eu le bon sens de le soumettre directement au peuple par référendum, l'affaire était pliée : les Français n'ont évidemment&amp;nbsp;rien contre l'Europe, mais ils refusent l'obstination supranationale&amp;nbsp;qui s'est accélérée depuis quinze ans, et&amp;nbsp;menant à un Etat continental qu'ils ne reconnaissent pas.&lt;br /&gt; Aidé de ses Vingt-six alter egos, son génial successeur à l'Elysée sauva la Constitution européenne en&amp;nbsp;juin 2007,&amp;nbsp;toilettant ce traité de toute cette sémantique constitutionnelle trop franche, pour mieux en conserver la substance, avant de le faire voter bientôt par une majorité de parlementaires qui lui doivent bien ça.&lt;br /&gt; &lt;b&gt;&lt;br /&gt; Une &quot;bombe&quot; ethnolinguisitique sous le sol européen&lt;/b&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Entre temps, la Belgique en tant que telle n'existera peut-être plus et les dirigeants du reste de l'Europe n'y auront vu aucun avertissement quant à la pertinence de l'orientation fédérale européenne actuelle. A moins que plusieurs gouvernements particulièrement concernés n'y voient à plus court terme le risque d'un effet domino : après la scission de la Flandre, celle de la Catalogne ? de la Corse ? du Pays Basque ? de l'Italie du nord ? de l'Ecosse ?&lt;br /&gt; Jean-Yves Camus, chercheur associé à l'IRIS, rappelle que l'Europe de l'Est est également touchée par les phénomènes séparatistes et pointe du doigt avec inquiétude la question du futur statut du Kosovo qu'il qualifie de &quot;&lt;i&gt;bombe placée sous le pied de l'Union européenne&lt;/i&gt;&quot; - des Etats-membres plus précisément&amp;nbsp;- dans la mesure où &quot;&lt;i&gt;si indépendance il y a, cela reviendrait à avaliser, là encore, l'idée selon laquelle, des Etats peuvent faire scission sur des bases purement ethnolinguistiques&lt;/i&gt;&quot;.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; C'est donc&amp;nbsp;la fin de la&amp;nbsp;conception française de l'Etat-nation, qui réunissait des citoyens égaux en droit et devant la loi sans distinction autour de la &lt;i&gt;res publica&lt;/i&gt;, ce vouloir-vivre ensemble qui surplombait les particularismes relevant de la sphère privée.&amp;nbsp;Il&amp;nbsp;n'y avait pas de minorités ethniques (pas plus que religieuses, régionales ou fondées sur l'orientation sexuelle) dans une nation comme la France qui n'est pas fondée sur la race.&amp;nbsp;Mais &quot;&lt;i&gt;l'ethnicisme est un racisme&quot;,&lt;/i&gt; nous rappelle&amp;nbsp;Alfred Grosser (&lt;i&gt;Le Figaro&lt;/i&gt;, 13 septembre 2000). Et c'est ici, que les raisons qui conduisent à pousser à l'éclatement des Etats-nations en Europe deviennent troubles...pour ne pas dire suspectes.&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;br /&gt;&lt;/font&gt; &lt;div align=&quot;right&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://www.observatoiredeleurope.com/&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot; size=&quot;3&quot;&gt;Observatoire de l'Europe&lt;/font&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
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<title>Un 14 juillet sous tutelle européiste</title>
<link>http://republique.hautetfort.com/archive/2007/07/13/un-14-juillet-sous-tutelle-europeiste.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (Thimèle)</author>
<category>Nation</category>
<pubDate>Fri, 13 Jul 2007 00:05:48 +0200</pubDate>
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&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://republique.hautetfort.com/media/00/00/9ac366558c7310a72115b6cb3e678700.jpg&quot; id=&quot;media-453604&quot; alt=&quot;49101956192dd80824d3dd13cb9dfb31.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0pt; margin: 0.2em 0pt 1.4em 0.7em; float: right&quot; name=&quot;media-453604&quot; /&gt; &lt;font style=&quot;font-family: Times New Roman&quot; size=&quot;3&quot;&gt;&lt;span&gt;Pour donner - certainement - tout son sens à notre fête nationale du 14 juillet, commémorant la Prise de la Bastille et la Fête de la Fédération, Nicolas Sarkozy, le gouverneur de l'Etat français, a décidé de convier aux &quot;festivités&quot; tout le gratin européiste de Bruxelles :&amp;nbsp; José Manuel Barroso, président de la Commission européenne, Hans-Gert Pöttering, président du Parlement européen, et Javier Solana, Haut représentant de l'Union Européenne pour la politique étrangère.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Ainsi, les représentants de tous ceux qui, jour après jour, et ce avec la complicité de nos gouvernants, violent notre souveraineté, insultent notre peuple, assassinent notre cohésion nationale et mettent à terre tout ce qui nous restent de modèle républicain, seront présents et honorés à ce qui doit justement être la célébration de notre Nation républicaine !&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Ainsi, tout se vérifie. Comme la République et la Nation ne signifient plus rien pour eux, il est bien naturel que ses symboles et ses célébrations soient de la même manière souillés et dénaturés.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Cela fait de toute manière longtemps que le 14 juillet n'est plus qu'un folklore, plus qu'un rituel propagandier pour gouvernants. On prétend célèbrer des valeurs telles que la Nation, la République et la Liberté, mais en même temps on leur retire tout sens ! (quand on ne leur crache pas délibérément dessus !)&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Une nouvelle fois donc, la mémoire de la brave foule parisienne du 14 juillet 1789 et de tous les acteurs de la Grande Révolution sera souillée. Peut-être sera-t-il à ce moment-là enfin temps de la reprendre, la Bastille !&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;right&quot;&gt;&lt;font style=&quot;font-family: Times New Roman&quot; size=&quot;3&quot;&gt;&lt;span&gt;&lt;i&gt;Thimèle, &lt;a href=&quot;http://action-republicaine.over-blog.com/&quot;&gt;L'Action Républicaine&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
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<title>L'identité nationale et la République</title>
<link>http://republique.hautetfort.com/archive/2007/07/12/l-identite-nationale-et-la-republique.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (Thimèle)</author>
<category>Nation</category>
<pubDate>Thu, 12 Jul 2007 23:00:00 +0200</pubDate>
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&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://republique.hautetfort.com/media/00/00/02f7a6305dad787da8aa57df054c6331.jpg&quot; id=&quot;media-453603&quot; alt=&quot;f3e777aed91d53fcdc70cc8d0a6327e0.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0pt; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0pt; float: left&quot; name=&quot;media-453603&quot; /&gt;&lt;font style=&quot;font-family: Times New Roman&quot; size=&quot;3&quot;&gt;Dans une &lt;a href=&quot;http://www.liberation.fr/actualite/politiques/262759.FR.php&quot; onclick=&quot;window.open(this.href,'_blank');return false;&quot; class=&quot;liens&quot;&gt;pétition&lt;/a&gt;, qui leur vaut la « Une » de Libération du 22 juin 2007, quelques 200 universitaires et intellectuels s'élèvent &lt;span style=&quot;font-style: italic&quot;&gt;« contre la dénomination et les pouvoirs dévolus »&lt;/span&gt; au ministère de l'immigration, de l'intégration, de l'identité nationale et du co-développement.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Au cœur de leur protestation, il y a cette affirmation que, de leur &lt;span style=&quot;font-style: italic&quot;&gt;« point de vue, l'identité nationale constitue, aujourd'hui, une synthèse du pluralisme et de la diversité des populations et ne saurait être fixée dans le périmètre d'un ministère. »&lt;/span&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Cette thèse suscite plusieurs objections majeures.&lt;br /&gt; On a parfois le sentiment que parler d'identité nationale, qu'affirmer sa fierté d'être français relèverait d'un positionnement politique d'extrême-droite, xénophobe et raciste. D'ailleurs, combien de fois, lors de la campagne électorale précédant le référendum sur le projet constitutionnel européen, ces qualificatifs ont-ils été jetés à la face des partisans du « Non » ? Aujourd'hui même, dans le débat qui nous occupe, ceux qui revendiquent la réalité d'une identité française ne sont-ils pas victimes d'une même stigmatisation ?&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Situation étrange lorsque l'on sait que la plupart des initiateurs de la pétition et de bon nombre de ses signataires se revendiquent, par ailleurs, de l'anticolonialisme. Mais sur quoi ont reposé les mouvements de libération nationale, de l'Indochine à l'Algérie, de Madagascar à l'Afrique noire, sinon sur l'affirmation que la domination coloniale bafouait les identités des peuples et qu'il fallait mettre à bas ce système d'aliénation. Combien de fois, dirigeants nationalistes et militants anticolonialistes, pour justifier leur combat, ne se sont-ils revendiqués de la France des Lumières, de la Révolution française et de Victor Hugo, bref, d'une &lt;span style=&quot;font-style: italic&quot;&gt;« certaine idée de la France »&lt;/span&gt; qui est la marque de son identité nationale, y compris pour ceux qui ont combattu sa domination.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Pourquoi alors s'enthousiasmer pour les luttes d'indépendance des autres peuples si on ne mesure le prix de sa propre indépendance... ? Pourquoi s'enflammer pour le destin national d'un peuple si on reste indifférent au sien ? Pourquoi se passionner pour les identités « Autres » si on nie la sienne...?&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Il est, également, surprenant de défendre le droit du travail ou les services publics français – y compris son modèle universitaire – autres marques de l'identité nationale, lorsqu'ils sont mis en cause et, en même temps, combattre les principes sur lesquels reposent les notions de service public et d'exception culturelle à la Française.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Aujourd'hui, en France même, combien de communautés n'affirment-elles pas leur identité avec fierté, sans que nos pétitionnaires semblent y trouver à redire ? Fierté revendiquée des homosexuels lors des &lt;span style=&quot;font-style: italic&quot;&gt;gay pride&lt;/span&gt;, fierté d'être Noir ou Arabe, fierté d'être Marseillais ou Breton. Mais être fier d'être Français voilà l'inadmissible !&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Pour notre part, nous voulons situer notre attachement à l'identité nationale dans la double filiation de Marc Bloch et de Vidal de la Blache. L'historien, fondateur des Annales, écrivait qu'en mai 1940, &lt;span style=&quot;font-style: italic&quot;&gt;« sur les hommes qui en ont fait leur chant de ralliement, la Marseillaise n'avait pas cessé de souffler, d'une même haleine, le culte de la patrie et l'exécration des tyrans. (…) Je n'ai jamais cru qu'aimer sa patrie empêchât d'aimer ses enfants ; je n'aperçois point davantage que l'internationalisme de l'esprit ou de la classe soit irréconciliable avec le culte de la patrie »&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-style: italic&quot;&gt;L'étrange défaite, examen de conscience d'un Français&lt;/span&gt;). Le géographe, auteur du &lt;span style=&quot;font-style: italic&quot;&gt;Tableau géographique de la France&lt;/span&gt; notait que &lt;span style=&quot;font-style: italic&quot;&gt;« le mot qui caractérise le mieux la France est variété »&lt;/span&gt; et poursuivait : &lt;span style=&quot;font-style: italic&quot;&gt;« La France oppose aux diversités qui l'assiègent et la pénètrent sa force d'assimilation. Elle transforme ce qu'elle reçoit. Les contrastes s'y atténuent ; les invasions s'y éteignent. Il semble qu'il y a quelque chose en elle qui amortit les angles et adoucit les contours »&lt;/span&gt;.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; L'État ne devrait-il jouer aucun rôle dans la construction de l'identité nationale ? En réalité, dans ce domaine, l'État a toujours joué un rôle majeur, notamment :&lt;br /&gt; -par la définition de l'espace de l'identité nationale avec la création des frontières de la nation française ;&lt;br /&gt; -par l'imposition progressive, à partir de l'ordonnance royale de Villers-Cotteret (25 août 1539), d'une langue nationale, qui n'est pas seulement une façon de parler mais aussi une façon de penser ;&lt;br /&gt; -par la construction d'une administration centralisée luttant contre les particularismes locaux ou provinciaux, des premiers âges de l'absolutisme royal à l'administration préfectorale ;&lt;br /&gt; -par l'autonomisation croissante de l'État et de la société civile vis-à-vis des Églises, de la Renaissance à la loi de séparation de 1905, qui fait qu'aujourd'hui la laïcité constitue un des fondements de notre identité nationale ;&lt;br /&gt; -par l'instauration d'une Instruction publique, dotée de programmes nationaux, et dont l'une des ambitions majeures était d'amener tous les écoliers, quelles que soient leurs origines sociales ou géographiques, à devenir des citoyens français et à en concevoir de la fierté ;&lt;br /&gt; -par l'égalité de tous devant une justice commune ;&lt;br /&gt; -par la distinction de plus en plus nette opérée entre Français et Étrangers, à partir du milieu du XIXe siècle, processus qui s'est accompagné par la définition des conditions d'accès de ces derniers à la nationalité française, notamment par la loi du 26 juin 1889.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Certes, l'État n'a jamais été le seul acteur de cette construction. Français et immigrés installés sur le territoire national y ont pris leur part, individuellement ou collectivement, notamment lors des révolutions, des révoltes et des mouvements sociaux : le suffrage universel, le droit du travail, le droit à la santé, etc. tout cela, qui constitue aussi des éléments de notre identité nationale, en est aussi le fruit. Sans leurs luttes, le droit de vote des femmes n'aurait pas fini par s'imposer, tout comme le droit à la contraception et à l'avortement.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Si l'identité nationale est une construction historique faite de synthèse, elle repose d'abord sur un héritage, sur la &lt;span style=&quot;font-style: italic&quot;&gt;« possession d'un riche legs de souvenirs »&lt;/span&gt; (Ernest Renan). Dans &lt;span style=&quot;font-style: italic&quot;&gt;L'identité de la France&lt;/span&gt;, Fernand Braudel écrit qu'une &lt;span style=&quot;font-style: italic&quot;&gt;« nation ne peut être qu'au prix de se chercher elle-même sans fin, de se transformer dans le sens de son évolution logique, de s'opposer à autrui, de s'identifier au meilleur, à l'essentiel de soi (…) toute identité nationale implique, forcément, une certaine unité nationale »&lt;/span&gt;.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Loin d'être le résultat d'un processus spontané, l'identité nationale est un produit historique, c'est-à-dire une réalité construite par l'histoire et ancrée dans l'histoire. Dès lors, l'intégration des nouveaux arrivants au sein de la Nation a toujours constitué un défi : défi pour la Nation d'accueil qui doit intégrer des immigrés dont la culture, les coutumes, les valeurs spirituelles lui sont plus ou moins étrangères. Défi pour les immigrés qui doivent assimiler les valeurs de la Nation au sein de laquelle ils aspirent à vivre, ce qui signifie abandon d'une partie de leur propre identité. Il est indiscutable que les immigrés, à quelque période que ce soit, ont enrichi la France, par leur travail comme par leurs apports culturels. Mais il est tout aussi indiscutable qu'ils ont été progressivement conduits, voire contraints, de se fondre dans la société française, de devenir des Français.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; N'est-ce pas Claude Lévi-Strauss qui écrivait «&lt;span style=&quot;font-style: italic&quot;&gt;aux XVIIIe et XIXe siècles, (le) système de valeurs (de la France) représentait pour l'Europe et au-delà, un pôle d'attraction. L'assimilation des immigrés ne posait pas de problème. Il n'y en aurait pas davantage aujourd'hui si, dès l'école primaire et après, notre système de valeurs apparaissait à tous aussi solide, aussi vivant que par le passé (…) Si les sociétés occidentales ne sont pas capables de conserver ou de susciter des valeurs intellectuelles et morales assez puissantes pour attirer des gens venus du dehors et pour qu'ils souhaitent les adopter, alors, sans doute, il y a sujet de s'alarmer »&lt;/span&gt;.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;span style=&quot;font-style: italic&quot;&gt;« La synthèse des pluralismes et de la diversité des populations »&lt;/span&gt;, chère à nos pétitionnaires ne relève donc pas d'un processus de fusion, elle ne constitue pas un alliage à égalité de proportion, mais un processus d'assimilation, tout à la fois contrainte et acceptée, dans un espace à la fois géographique, politique et mental, qu'on appelle la nation française. Une assimilation qui entraîne l'acceptation de normes et de règles qui s'imposent à tous, aux « vieux » Français, comme au nouveaux et à ceux qui aspirent à le devenir.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; C'est cela qui constitue les &lt;span style=&quot;font-style: italic&quot;&gt;« traditions démocratiques françaises »&lt;/span&gt; : la possibilité pour chacun de devenir citoyen du pays qui l'accueille, dès lors qu'il en adopte les principes fondamentaux et qu'il en accepte les règles.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Par conséquent, ce que souhaitent les pétitionnaires, dans leur appel au président de la République, ne relève pas des &lt;span style=&quot;font-style: italic&quot;&gt;« traditions démocratiques françaises »&lt;/span&gt; qu'ils invoquent, mais, bien au contraire, leur tourne le dos : leur revendication conduit à ce que la République renonce à sa tradition assimilatrice au profit d'un multiculturalisme et d'un communautarisme destructeurs des valeurs universelles dont notre pays se veut le porteur.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Ce débat sur l'identité nationale montre que la République est, aujourd'hui, à une croisée des chemins. Deux voies sont proposées. La première, dans la perpétuation des &lt;span style=&quot;font-style: italic&quot;&gt;« traditions démocratiques françaises »&lt;/span&gt;, entend maintenir la République dans ses valeurs universelles, une République une et indivisible, laïque, composée de citoyens égaux en droits et en devoirs, assurant l'égalité des hommes et des femmes, etc. quitte à lutter pour que les réalités se rapprochent chaque jour un peu plus de cet idéal.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; L'autre voie, qu'esquisse le texte de la pétition, jusque dans le vague de sa formulation, suggère d'abandonner l'universalisme républicain au profit d'une République de la cohabitation, du voisinage entre communautés, chacune disposant de ses valeurs, de ses normes, de son droit et de ses représentants.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Mais il convient alors, d'aller jusqu'au terme du projet. Dans cette &lt;span style=&quot;font-style: italic&quot;&gt;« synthèse »&lt;/span&gt; qu'ils appellent de leurs vœux, jusqu'où les pétitionnaires poussent-ils le compromis ? Jusqu'où acceptent-ils que la France reconnaisse et accorde une place aux valeurs &lt;span style=&quot;font-style: italic&quot;&gt;« du pluralisme »&lt;/span&gt; et à la &lt;span style=&quot;font-style: italic&quot;&gt;« diversité des populations »&lt;/span&gt; ? Veulent-ils abandonner le Français comme langue nationale pour un multilinguisme ? Appellent-ils à une refonte des règles de la laïcité et de la loi de 1905 ? Renoncent-ils, au moins pour certaines populations françaises ou résidants en France, au principe de l'égalité entre les hommes et les femmes, en matière d'éducation, d'héritage, de droits au sein de la famille ? Acceptent-ils le droit à la polygamie ? Veulent-ils restreindre le champ du droit à la contraception et à l'avortement ? Veulent-ils légaliser l'excision et l'infibulation ?&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Caricatures de notre part ? La notion de synthèse conduit pourtant bien à accepter certaines des valeurs de ceux qu'on veut intégrer et donc à renoncer à certaines de nos propres valeurs. Qu'est-ce qui, dès lors, est acceptable et ne l'est pas ? En fonction de quels critères objectifs ?&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Il est trop commode, en effet, de rester au niveau des bons sentiments et de ne pas indiquer la portée pratique de ses positions de principes, surtout lorsqu'on engage une action politique, sous forme de pétition.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;h3 style=&quot;font-weight: normal; font-style: italic&quot; class=&quot;soustitre&quot; align=&quot;right&quot;&gt;&lt;font&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;Par Daniel Lefeuvre, professeur d'histoire contemporaine, Université Paris VIII-Saint-Denis, et Michel Renard, professeur de lycée, historien ; &lt;a href=&quot;http://www.communautarisme.net/&quot;&gt;Observatoire du Communautarisme&lt;/a&gt;&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/h3&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
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<title>A propos de l'identité nationale</title>
<link>http://republique.hautetfort.com/archive/2007/07/07/a-propos-de-l-identite-nationale.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (Thimèle)</author>
<category>Nation</category>
<pubDate>Mon, 02 Jul 2007 17:40:00 +0200</pubDate>
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&lt;p class=&quot;spip&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://republique.hautetfort.com/media/02/01/0061ed05dffb576a03c989007332cd5a.jpg&quot; id=&quot;media-445169&quot; alt=&quot;f4511cbb4794e9ec2cf17650fa8c77ed.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0pt; margin: 0.2em 0pt 1.4em 0.7em; float: right&quot; name=&quot;media-445169&quot; /&gt;&lt;font style=&quot;font-family: Times New Roman&quot; face=&quot;arial,helvetica,sans-serif&quot; size=&quot;3&quot;&gt;&lt;b&gt;Puisque nous avons un ministère de l’immigration, de l’intégration, de l’identité nationale et du codéveloppement, il n’est pas mauvais de commencer par interroger cette notion un peu obscure d’identité nationale.&lt;/b&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;On sait que la campagne électorale a l’objet de quelques envolées lyriques et de quelques clowneries autour de cette question. C’est l’actuel président qui a lancé l’affaire en mettant la nation au centre de plusieurs discours et même en récupérant toutes sortes de grandes figures de l’histoire nationale, y compris les figures tutélaires de la gauche&amp;nbsp;: Jaurès, Blum ou le jeune communiste fusillé par les nazis, Guy Môquet. De l’autre côté, pour n’être pas en reste, on s’est sitôt mis à agiter le drapeau tricolore et à chanter la Marseillaise dans les réunions électorales. Un vague débat s’est même esquissé où l’on a fait mine d’opposer deux conceptions de l’identité nationale. Je crois que c’est l’idée elle-même qu’elle faut questionner et c’est seulement à ce prix que l’on peut, le cas échéant la reprendre.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;Dans «&amp;nbsp;identité nationale&amp;nbsp;», il y a identité. Commençons par quelques remarques concernant la notion d’identité elle-même.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;L’identité n’est pas une chose ni une propriété, mais une relation. Je suis un homme ou une femme, je suis noir ou blanc, mais je ne suis pas identique. On ne peut être identique qu’à quelque chose. Deux choses sont identiques si elles sont indiscernables ou du moins indiscernables sous certains rapports qu’on estime pertinents. Par exemple quand on décline son identité, on établit une relation entre l’individu physique présent et une personne reconnue par les autorités légales.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;On peut également définir l’identité comme la permanence. L’homme âgé et le jeune homme ne sont pas la même chose et pourtant il y a quelque chose qui est préservé qui est précisément leur identité. En quoi consiste cette chose préservée, c’est une question philosophique sérieuse qu’on ne va pas aborder ce soir. Préserver son identité, c’est donc rester identique à soi-même, c’est rester soi&amp;nbsp;! Voyons ce que cela donne quand on applique ces esquisses de définition à l’identité nationale.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;Il y a dans cette expression une première ambiguïté. Quand on parle de l’identité personnelle il n’y a aucun doute, on parle du rapport de la personne à elle-même&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;-Qui êtes-vous&amp;nbsp;? - je suis X, né le ...&amp;nbsp;» Ou encore «&amp;nbsp;- je suis qui je suis, je suis qui j’étais, je suis qui je serai.&amp;nbsp;» Mais pour l’identité nationale, on ne sait pas trop à quoi se rapporte l’adjectif national. Il peut s’agir&amp;nbsp;:&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;(1) De l’identité des individus qui composent une nation et qui le composent précisément parce qu’ils sont identiques en quelque chose.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;(2) De l’identité de la communauté humaine qu’on appelle nation.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;Le mot «&amp;nbsp;nation&amp;nbsp;» lui-même est porteur de cette ambiguïté. La nation renvoie à latin nascor, natum, au fait de naître. La nation regroupe tous ceux qui ont quelque chose de commun par naissance. Mais cette définition est de la mythologie pure et simple. On apprenait jadis aux enfants «&amp;nbsp;nos ancêtres, les Gaulois&amp;nbsp;», mais c’est de l’histoire à peu près aussi sérieuse que l’histoire du Proche-Orient racontée par la Bible. Toutes les nations, sans exceptions, sont faites de l’amalgame de peuples qui se sont rencontrés, entretués et embrassés. Tout le monde sait que les Italiens ne sont pas des descendants de Romains, ni même des descendants de Romains croisés d’Étrusques, mais aussi des Lombards (c’est-à-dire des sortes de Goths), des Normands, des Arabes, des Espagnols, des Grecs ... et tutti quanti. Les Allemands ne sont pas plus des Germains que les Français des Francs. Les nations ne sont pas non plus des unités linguistiques&amp;nbsp;: ni l’Italie, ni l’Espagne, ni la Suisse, ni la Grande-Bretagne, ni même la France et l’Allemagne ne sont des unités linguistiques&amp;nbsp;: l’Allemand souabe et l’Allemand berlinois sont très différents sans parler ce qui parlent encore le «&amp;nbsp;Hochdeutsch&amp;nbsp;», c’est-à-dire un dialecte néerlandais, en Frise. On pourrait poursuivre ainsi très longuement pour dire ce que n’est pas la nation. Au point qu’on pourrait que penser que comme Dieu dans la théologie négative on ne puisse la désigner que par des négations&amp;nbsp;! En tout cas, on peut réfuter en son fonds la définition qu’en donnait Staline&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;La nation est une communauté humaine stable, historiquement constituée, née sur la base d’une communauté de langue, de territoire, de vie économique et de formation psychique qui se traduit par une communauté de culture.&amp;nbsp;» (in &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Le Marxisme et la question nationale&lt;/i&gt;)&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;A l’arrière-plan des discours de M.&amp;nbsp;Sarkozy, il y a incontestablement ce genre de définition de la nation, mais si elle est «&amp;nbsp;historiquement constituée&amp;nbsp;», une nation n’est pas une communauté stable, ni une communauté de langue, ni une communauté de territoire et encore moins cette chose bizarre que Staline appelle «&amp;nbsp;communauté psychique&amp;nbsp;». Il faut donc, et c’est le plus raisonnable, renoncer à essayer de définir la nation par ce qu’il pourrait y avoir d’identique chez tous les membres de cette nation. De cette première conclusion, on peut déduire quelques propositions&amp;nbsp;:&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;(1) L’intégration d’un individu «&amp;nbsp;né ailleurs&amp;nbsp;» dans une nation ne peut aucunement être la transformation de cet individu au point qu’il puisse s’identifier au modèle national, c’est-à-dire à l’individu-type. Pour faire un bon Français, il n’est pas nécessaire de porter un béret et de se promener avec une baguette de pain sous le bras... Les tests de bonne francité qu’on imposer pour le regroupement familial n’ont aucun sens ... d’autant que bon nombre de Français «&amp;nbsp;de souche&amp;nbsp;» (de laquelle, c’est une autre affaire) ne manifestent qu’un maîtrise très approximative de la langue française et ignorent superbement la culture et les «&amp;nbsp;valeurs&amp;nbsp;» de la France (à condition qu’on soit capable de définir ce qu’on entend par là).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;(2) L’identité nationale ne découlant pas de la naissance il est donc clair que la nation est une entité historique et comme telle, à la fois un produit et un acteur de l’histoire. Les Français du XXIe siècle différent profondément de ceux du XIXe, et en diffèrent sans doute plus qu’ils ne diffèrent des Italiens ou des Belges du XXIe siècle.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Est-ce à dire que la notion d’identité nationale est dépourvue de sens&amp;nbsp;?&lt;/h3&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;Si la définition de l’identité nationale par l’identité des propriétés partagées par les individus la composant est une définition intenable, il reste pourtant possible de donner un sens à la notion d’identité nationale.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;L’identité nationale est tout simplement la revendication d’appartenance à une nation, non pas une nation définie en termes «&amp;nbsp;naturalistes&amp;nbsp;», mais une nation définie comme une «&amp;nbsp;communauté de vie et de destin&amp;nbsp;», pour parler comme Otto Bauer, dirigeant socialiste autrichien jusqu’aux années 30 et auteur d’un ouvrage remarquable, La question des nationalités et la social-démocratie, publié chez EDI en 1987 et toujours disponible.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;Les hommes sont des animaux «&amp;nbsp;politiques&amp;nbsp;» disait Aristote. Ils ne sont pas individus que se sont faits eux-mêmes&amp;nbsp;; ils n’existent et ne peuvent exister que dans des communautés politiques, que les Grecs appelaient «&amp;nbsp;cités&amp;nbsp;», les Romains «&amp;nbsp;république&amp;nbsp;» nous «&amp;nbsp;nations&amp;nbsp;». Ces nations sont constituées par un ensemble de relations entre les individus et entre les groupes humains relativement stables dans le temps, bien que susceptibles de nombreuses transformations, relations qui unissent ces individus et ces groupes et les séparent des individus et groupes qui ne font pas partie de ces relations.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;Je vais essayer d’expliquer rapidement ce que j’entends par cette définition en prenant - avec les précautions d’usage - une analogie. Un individu humain, un corps n’est pas un ensemble d’éléments identiques (ils sont au contraire très différents), ces éléments ne sont pas permanents (presque toutes nos cellules se renouvellent sur un cycle de deux ans), de nouveaux éléments apparaissent, la forme générale se modifie avec le temps, mais il y a un substrat relationnel stable entre tous ces composants et c’est ce substrat qui définit l’identité de l’individu. Par analogie, on peut dire qu’une nation, c’est cela&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;un ensemble d’individus, eux-mêmes très composés&amp;nbsp;», comme dirait Spinoza.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Qu’est-ce qui fait une nation et donc qu’est-ce qui permet de parler d’identité nationale&amp;nbsp;?&lt;/h3&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;C’est qu’elle unit à travers le partage de relations (les conflits étant aussi des relations&amp;nbsp;!) et qu’elle sépare&amp;nbsp;! Quand ces relations sont suffisamment développées pour que la question soit posée de la commune décision de notre avenir, cette nation est aussi un espace public, c’est-à-dire un espace politique au sens propre. Quand Bauer parle de «&amp;nbsp;communauté de destin&amp;nbsp;», il vise juste&amp;nbsp;: nous sommes unis parce que nous pensons que nous avons une destinée commune. Et l’appartenance à la nation n’est rien que le fait d’assumer une commune destinée, c’est-à-dire que les affaires politiques nationales et internationales deviennent mes affaires&amp;nbsp;!&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;Cette conception de la nation, &lt;b class=&quot;spip&quot;&gt;Ernest Renan&lt;/b&gt; lui a donné une expression célèbre que je vais rappeler. Dans une conférence du 11 mars 1882, faite en Sorbonne, Renan met en garde contre les erreurs classiques sur la nation&amp;nbsp;:&lt;/p&gt; &lt;blockquote class=&quot;spip&quot;&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;«&amp;nbsp;De nos jours, on commet une erreur plus grave&amp;nbsp;: on confond la race avec la nation, et l’on attribue à des groupes ethnographiques ou plutôt linguistiques une souveraineté analogue à celle des peuples réellement existants.&amp;nbsp;»&lt;/p&gt; &lt;/blockquote&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;S’appuyant sur l’histoire et la littérature française, il montre que&lt;/p&gt; &lt;blockquote class=&quot;spip&quot;&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;«&amp;nbsp;L’idée d’une différence de races dans la population de la France, si évidente chez Grégoire de Tours, ne se présente à aucun degré chez les écrivains et les poètes français postérieurs à Hugues Capet.&amp;nbsp;»&lt;/p&gt; &lt;/blockquote&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;Il arrive à cette définition fameuse, à juste titre&amp;nbsp;:&lt;/p&gt; &lt;blockquote class=&quot;spip&quot;&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;«&amp;nbsp;Une nation est donc une grande solidarité, constituée par le sentiment des sacrifices qu’on a faits et de ceux qu’on est disposé à faire encore. Elle suppose un passé&amp;nbsp;; elle se résume pourtant dans le présent par un fait tangible&amp;nbsp;: le consentement, le désir clairement exprimé de continuer la vie commune. L’existence d’une nation est (pardonnez-moi cette métaphore) un plébiscite de tous les jours, comme l’existence de l’individu est une affirmation perpétuelle de vie.&amp;nbsp;»&lt;/p&gt; &lt;/blockquote&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;L’identité nationale n’est pas une norme dans laquelle on fait rentrer de gré ou de force les individus mais un acte politique. Si, comme on doit le faire, on abandonne la définition naturaliste de la nation, il faut dire que la nation est bien le nom moderne de ce que les Grecs appelaient «&amp;nbsp;polis&amp;nbsp;» et les habitants, les membres de la nation sont des «&amp;nbsp;citoyens&amp;nbsp;». Les citoyens ne sont pas seulement des individus privés (cette réunion d’hommes mis les uns à côté des autres que les Grecs appelaient un «&amp;nbsp;laos&amp;nbsp;» et que nous traduisons par peuple) mais aussi et surtout des individus réunis politiquement par des droits et des devoirs en rapport avec les affaires communes, ce que les Grecs appelaient un «&amp;nbsp;demos&amp;nbsp;» et que nous traduisons aussi par peuple...&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;De ce que je viens dire, il se déduit qu’il y a un bon et un mauvais usage de l’identité nationale.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;On pourrait dire&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;les frontières, on s’en fout&amp;nbsp;», envoyer au diable les nations et les États-nations et se proclamer citoyen du monde - cosmopolite, au sens étymologique. Il est du reste assez surprenant d’entendre ce genre ce discours dans des mouvements qui se sont dits opposés à la mondialisation («&amp;nbsp;no global&amp;nbsp;»)&amp;nbsp;! Au cosmopolitisme, je crois qu’il est raisonnable d’opposer l’internationalisme, l’internationalisme qui reconnaît les nations - pour qu’il y ait solidarité entre les nations, il faut bien qu’il y ait des nations&amp;nbsp;! Hannah Arendt disait que les frontières nationales constituent en quelque sorte les murs qui soutiennent le monde et l’abolition des frontières nationales prépare tout simplement l’effondrement du monde.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;Je vais en donner quelques raisons.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;(1) Un État mondial n’est ni possible ni souhaitable. L’unification du monde sous un pouvoir politique commun signifierait d’un côté la croissance du pouvoir de contrôle policier et militaire et l’homogénéisation des règlements, des lois, des cultures, des systèmes politiques. C’est d’ailleurs ce à quoi tend le capitalisme dans sa dynamique actuelle et c’est pourquoi je ne suis pas «&amp;nbsp;altermondialiste&amp;nbsp;» mais bien «&amp;nbsp;anti-mondialisation&amp;nbsp;». En outre, si un tel État mondial existait, le problème des réfugiés politiques ne poserait plus car nous n’aurions plus nulle part où nous réfugier&amp;nbsp;! Comme le disait Kant, l’État mondial serait ou anarchique ou tyrannique et sûrement les deux à la fois.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;(2) La nation est la bonne médiation entre l’universel abstrait qu’est la «&amp;nbsp;citoyenneté du monde&amp;nbsp;» et l’enfermement dans la particularité «&amp;nbsp;naturelle&amp;nbsp;». Le monde, c’est trop grand, mais la tribu, la famille, l’ethnie (mot politiquement correct pour «&amp;nbsp;race&amp;nbsp;»), c’est la réduction de la vie humaine à la naturalité. La nation est universelle parce que politique et parce que c’est aussi un modèle universel de communauté auquel les peuples qui veulent devenir libres aspirent toujours&amp;nbsp;; mais c’est en même un universel particulier, lié à une histoire commune, des traditions, des valeurs communes.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;(3) Le «&amp;nbsp;droit des nations&amp;nbsp;» a été des étendards et de l’entrée dans la modernité et de la liberté politique. «&amp;nbsp;Vive la nation&amp;nbsp;!&amp;nbsp;», c’était le cri des révolutionnaires à Valmy. La défense de la nation a été en deux moments importants de notre histoire récente le point de départ des plus grands mouvements révolutionnaires, je pense à la Commune de Paris et à la Résistance. Aussi arbitraire que puissent être les frontières nationales, et, en tant que produits historiques, elles sont arbitraires, elles et elles seule rendent possibles l’exercice de la liberté politique. Elles ne suffisent évidemment pas à cela, mais elles en sont la condition nécessaire.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Quelles conséquences&amp;nbsp;?&lt;/h3&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;(1) Une nation a le droit et le devoir d’avoir une politique de l’immigration, parce qu’elle a le devoir et le devoir de déterminer ses frontières et de dire qui peut ou ne peut pas faire partie de l’association politique. La question à discuter est de savoir quelle politique&amp;nbsp;!&lt;/p&gt; &lt;div align=&quot;right&quot;&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;font style=&quot;font-family: Times New Roman&quot; face=&quot;arial,helvetica,sans-serif&quot; size=&quot;3&quot;&gt;(2) Une nation a le droit de défendre sa propre culture, l’idée qu’elle se fait d’elle-même, etc. Le devoir d’hospitalité est toujours un devoir qui se heurte à d’autres impératifs comme celui de se conserver soi-même. La question est de savoir quelle idée nous nous faisons de cette culture à protéger !&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;div align=&quot;left&quot;&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;i&gt;&lt;font style=&quot;font-family: Times New Roman&quot; face=&quot;arial,helvetica,sans-serif&quot; size=&quot;3&quot;&gt;Denis Collin,&amp;nbsp; &lt;a href=&quot;http://www.la-sociale.net/&quot;&gt;La Sociale&lt;/a&gt;&lt;/font&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;/div&gt; &lt;/div&gt; &lt;div style=&quot;text-align: right&quot;&gt; &lt;div style=&quot;text-align: right&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://www.la-sociale.net/&quot;&gt;&lt;/a&gt;&lt;a href=&quot;http://www.la-sociale.net/&quot;&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt; &lt;/div&gt;
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<title>Le Pen est indigne de la Nation</title>
<link>http://republique.hautetfort.com/archive/2007/04/16/le-pen-est-indigne-de-la-nation.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (Thimèle)</author>
<category>Nation</category>
<pubDate>Mon, 16 Apr 2007 00:40:00 +0200</pubDate>
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&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://republique.hautetfort.com/images/thumb_valmy1792.jpg&quot; alt=&quot;medium_valmy1792.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0pt; margin: 0.2em 0pt 1.4em 0.7em; float: right&quot; /&gt;&lt;font style=&quot;font-family: Times New Roman&quot; size=&quot;3&quot;&gt;Je n'aime pas Nicolas Sarkozy, son caractère et son projet pour la France. Je n'irai jamais voter pour lui et je n'aurai jamais de cesse de le combattre. Pour autant, je ne me suis jamais rabaissé à s'en prendre à son physique, et encore moins à ses origines. C'est petit, ridicule et ignoble.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Parmi ses adversaires à la présidentielle, un a pourtant osé s'attaquer à ses origines. Ce bonhomme, c'est Le Pen, et ce n'est guère une surprise. Dimanche, il s'est en effet posé en &quot;candidat du terroir&quot; face à Nicolas Sarkozy, qu'il a qualifié de &quot;candidat qui vient de l'immigration&quot;. Il a également considéré comme &quot;un atout&quot; le fait d'être &quot;français de souche&quot; pour prétendre à la présidence de la République. Pour lui, le chef de l'Etat est &quot;héritier en quelque sorte de la longue lignée de chefs de l'Etat en France&quot;.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Le Pen n'avait pourtant eu de cesse ces derniers mois de draguer les français &quot;issus de l'immigration&quot;, les assurant qu'ils seraient toujours considérés comme des français à part entière au cas où il viendrait à être Président de la République. Toute une propagande s'était même mise en place. De sa suppléante &quot;martiniquaise&quot; des années 50 à la &quot;beurette&quot; à la culotte rose en passant par le passage en revue de tous les &quot;musulmans&quot;, &quot;noirs&quot;, &quot;antillais&quot;, etc. membres du Front National. Tout y passait. Le Pen n'était pas raciste. Il était même l'homme de la réconciliation entre les &quot;çais-fran&quot; et les &quot;gaulois&quot; (sic) !&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Pourtant, on a beau chasser le naturel, il revient toujours au galop, comme on dit ! Pour Le Pen, il y a donc bien des français qui sont plus français que d'autres. Et lui doit évidemment être au-dessus de cette hiérarchie ! Il est &quot;du terroir&quot;, lui ! Et tous ses aïeuls l'étaient évidemment depuis la nuit des temps ! Et nous pouvons être certains qu'il n'y a jamais eu dans son famille le moindre immigré celte, wisigoth ou franc ! Ah que oui, Le Pen est un autochtone, un vrai de vrai ! Et nous pouvons être certains qu'avec lui comme Président, nous aurons un véritable français &quot;de souche&quot;, comme l'était par exemple Clovis, Charlemagne ou Napoléon !&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Mais vous l'aurez bien compris, tout français est immigré. La terre sur laquelle nous vivons a été une éternelle terre de brassage, qui a connu des vagues incessantes de migrations. Les celtes en furent les premiers &quot;immigrés&quot;, tout comme plus tard les francs. Se revendiquer &quot;de souche&quot; ou &quot;autochtone&quot; est une totale aberration. La nation française s'est toujours fondée autour d'un sentiment d'appartenance. Longtemps, cette appartenance s'est réalisée autour d'un Roi, qui n'entendait faire qu'un avec la Nation. La Révolution enleva le Roi, mais sublima encore bien davantage cette idée de la Nation. Le sentiment d'appartenance n'était plus lié à une personne, sacralisée, mais désormais à des valeurs.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Est français celui qui entend être comme tel. Peu importe d'où nous venons, peu importe ce à quoi nous ressemblons, nous pouvons tous être français, par amour, par attachement et par respect. La Nation ne reconnaît que le coeur de ses membres.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Longtemps, Le Pen a salit cet amour de la Nation. Il s'en est accaparé, avec l'oeil bienveillant de pas mal de lâches, pour des intentions haineuses, pour des visées racistes. Il a ainsi marqué d'infâmie tous ceux qui étaient un tant soit peu concerné par l'objet &quot;national&quot;, tous ceux qui se considéraient comme &quot;patriotes&quot;. Peu à peu cette infâmie recule, mais le chemin est encore long.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Le Pen a fait trop de mal aux français, à la France. Il est indigne d'être Président de la République, car en réalité il n'aime pas la France, il n'aime qu'une certaine vision de la France, qui n'a d'ailleurs jamais existée... Pour être un bon Président de la République, la nécessité n'est pas d'être &quot;de souche&quot;, mais d'être rassembleur ! Ce qui n'est pas son cas... ni celui de Sarkozy d'ailleurs !&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;right&quot;&gt;&lt;i&gt;&lt;font style=&quot;font-family: Times New Roman&quot; size=&quot;3&quot;&gt;Thimèle, &lt;a href=&quot;http://action-republicaine.over-blog.com/&quot;&gt;L'Action Républicaine&lt;/a&gt;&lt;/font&gt;&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
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<title>Vive la Nation !</title>
<link>http://republique.hautetfort.com/archive/2007/03/31/vive-la-nation.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (Thimèle)</author>
<category>Nation</category>
<pubDate>Sat, 31 Mar 2007 20:33:09 +0200</pubDate>
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&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://republique.hautetfort.com/images/thumb_drapeaumonet.jpg&quot; alt=&quot;medium_drapeaumonet.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0pt; margin: 0.2em 0pt 1.4em 0.7em; float: right&quot; /&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&lt;span class=&quot;cap&quot;&gt;Ségolène Royal est une criminelle. Elle a osé commettre l'impardonnable, l'ignoble. Elle a osé parler de Nation. Elle a osé la réhabiliter, elle a osé également réhabiliter La Marseillaise&lt;a href=&quot;http://action-republicaine.over-blog.com/article-5083467.html&quot;&gt;&lt;/a&gt;, le drapeau tricolore ! Quelle honte ! N'aurait-il pas valu mieux laisser tous ces symboles républicains, j'ai bien dit républicains, qui appartenaient jadis à tous les français, aux seuls extrémistes de droite ?! C'est en tout cas ce que semble laisser croire une certaine gauche et un certain centre.&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;font-family: Times New Roman&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&lt;span class=&quot;cap&quot;&gt;Pour ces gens-là parler de Nation est un crime. Ils se trompent autant qu'ils sont irresponsables. Non, la Nation n'est pas synonyme de nationalisme ! Non, parler d'identité nationale n'implique pas la xénophobie et le racisme ! Ce que fait Ségolène, et je l'en remercie, c'est de dessaisir de l'extrémisme de droite le monopole du droit à parler de la Nation, du droit à jouir des symboles de la Nation. Elle ne banalise donc en rien des thèmes typiques de l'extrême-droite ! La Nation, &lt;span style=&quot;font-style: italic&quot;&gt;La Marseillaise&lt;/span&gt; et le drapeau tricolore ne sont pas sortis du chapeau de Le Pen ou de Pétain ! Ils se les sont justement accaparés à leurs seuls profits ! L'extrême-droite a assez salit le thème de la Nation et de ses symboles ! Il est enfin temps d'y mettre fin !&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;font-family: Times New Roman&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&lt;span class=&quot;cap&quot;&gt;Bien que cela ne remette pas en cause la plupart de ses convictions, que je ne partage pas, les intentions de Ségolène sont ici salutaires ! La droite qui parle de Nation, ça n'a jamais été quelque chose d'exceptionnelle, mais la gauche, censée être progressiste, censée être du côté du peuple, voilà quelque chose qui est à la fois logique et exceptionnelle, et qui l'honore !&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;font-family: Times New Roman&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&lt;span class=&quot;cap&quot;&gt;Marie-George Buffet a raison de dire que &lt;span style=&quot;font-style: italic&quot;&gt;La Marseillaise&lt;/span&gt; et le drapeau tricolore sont des symboles qui appartiennent, non pas à un parti, mais au peuple ! Mais si les politiques ne font rien contre l'accaparement qu'en fait l'extrême-droite, comment le peuple pourrait-il être encore fier de ces symboles ? Quand Ségolène déclare souhaiter que chaque français ait un drapeau tricolore chez lui, quand Ségolène fait chanter &lt;span style=&quot;font-style: italic&quot;&gt;La Marseillaise&lt;/span&gt; dans ses meetings, cela fait un bien fou à tous les français attachés à tous ces symboles, et qui en avait pourtant honte, à cause d'une pensée unique qui leur a fait longtemps croire que tout cela faisait partie du patrimoine de la seule extrême-droite !&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;font-family: Times New Roman&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&lt;span class=&quot;cap&quot;&gt;Sarkozy, communautariste jusqu'à ce que Henri Guaino écrive ses discours, a lui aussi, au cours de la campagne, parler d'&quot;identité nationale&quot;. Tout cela aurait pu être aussi salutaire. Seulement que nous dit-il à côté ? Qu'il faut créer un ministère de l'immigration et de l'identité nationale ! Que la France, on l'aime ou on la quitte ! Sarkozy ne semble pas avoir compris que le patriotisme, c'est l'amour, que la Nation, c'est une communauté ouverte à tous ! La haine, l'exclusion, l'affrontement, la stigmatisation n'ont ri&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&lt;span class=&quot;cap&quot;&gt;en à voir avec tout ça ! Ce que fait Sarkozy, c'est banaliser une idée qu'il considère comme extrémiste, alors que c'est tout le contraire ! Non, Le Pen ne doit et ne sera jamais un modèle pour ceux qui aspirent à défendre la Nation et le patriotisme. Qu'on cesse de souiller le patriotisme avec leur nationalisme !&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;font-family: Times New Roman&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&lt;span class=&quot;cap&quot;&gt;Alors paraît-il, ce souci de l'identité nationale, si important aux yeux des français à l'heure de la mondialisation et de la construction européenne, ne semble être qu'une question désuète, sans importance ! Et Bayrou qui déclare qu'il ne laisserait pas &quot;déraper&quot; (excusez du peu !) cette campagne électorale sur les thèmes de l'immigration et de la Nation, tout ceci n'étant qu'une &quot;obsession nationaliste&quot;, qu'il faut laisser au seul candidat Le Pen ! Savoir qui nous sommes, savoir qu'est-ce qui nous rassemble, nous français, en effet ce ne sont que des questions sans importance ! Il ne faudra pas après se plaindre que le borgne soit au second tour !&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;font-family: Times New Roman&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&lt;span class=&quot;cap&quot;&gt;Alors, préviens d'autre part José Bové, scandalisé par les propos de Ségolène, &quot;nous ne laisserons pas&lt;/span&gt; détourner la campagne présidentielle de ce qui doit être ses objectifs: répondre aux urgences sociales, écologiques et démocratiques par une 'insurrection électorale' contre le libéralisme et ses ravages&quot;. Il n'a pas tort... Seulement tout est lié à la question nationale ! C'est justement quand la Nation, cadre idéal d'existence, et garante de l'émancipation de chacun, s'effrite que les idéologies les plus abjectes se répandent. Comment voulez-vous ainsi changer les choses si vous ne vous appuyez pas sur la Nation ?! Elle est le cadre, non pas ultime, mais premier, de toutes les luttes, de tous les combats ! Nier la dimension nationale de tous ces problèmes, c'est se résoudre à l'échec.&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;font-family: Times New Roman&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;Il est bien entendu que le patriotisme ne se réduit pas à l'affichage de symboles. Le plus grand acte de patriotisme que pourraient nous faire nos politiques, ce serait de nous respecter, nous le peuple, qu'ils entendent représenter. Quand j'entends par exemple Sarkozy déclarer vouloir faire adopter par le Parlement un Traité Constitutionnel que nous avons refusé ou encore que le référendum est un exercice de démagogie, je ne peux que constater qu'il est indigne de la fonction qu'il convoite ! Et qu'il faut l'en écarter à tout prix !&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;font-family: Times New Roman&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;Alors oui, vive la Nation, libre, intégratrice et fière !&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;font-family: Times New Roman&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;font-family: Times New Roman&quot; align=&quot;right&quot;&gt;&lt;i&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;Thimèle, &lt;a href=&quot;http://action-republicaine.over-blog.com&quot;&gt;L'Action Républicaine&lt;/a&gt;&lt;/font&gt;&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;font-family: Times New Roman&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
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