15.07.2008
Nicolas Sarkozy : derrière le comique-troupier, un soldat zélé et habile de l'européisme totalitaire
Nicolas Sarkozy est un grand farceur, un immense illusionniste. Certainement l'un des meilleurs qu'on n'ait jamais eu dans ce pays. La situation de l'Europe ne serait pas grave que cela en serait comique. C'est ainsi que depuis le début de son mandat de président de l'Union Européenne, l'occupant de l'Elysée n'a eu de cesse de jouer à l'eurosceptique, de critiquer l'Europe telle qu'elle est construite actuellement. Comme si, évidemment, il n'en était pas l'un des acteurs les plus farouches ! « Ça ne va pas, ça ne va pas du tout, l’Europe inquiète ! » a-t-il reconnu devant les téléspectateurs de France 3, lundi soir. Son souhait ? « Il faut une Europe qui protège ! » a-t-il scandé une bonne dizaine de fois.Voilà qui rappelle d'autres envolées, celles de sa campagne électorale de 2007. Depuis cette époque, il n'a de cesse de s'en prendre à l'indépendance de la BCE, et à sa politique de l'euro fort, et au credo libre-échangiste destructeur.
Plafonnement de la TVA, fiscalité, environnement, immigration, Nicolas Sarkozy a ainsi exposé les grands chantiers qui l’attendaient pendant ces six mois prochains mois. « Ce qui est important, c’est de faire bouger les choses, a-t-il prévenu. Je veux créer un choc salutaire. » Et d’ajouter, fier et grave : « Il faut changer profondément notre façon de faire l’Europe ».
Il y en aurait hélas beaucoup pour croire encore à ses discours, véritable tour d'illusionniste. Pas nous. Nicolas Sarkozy brasse du vent. Et joue en toute conscience l'idiot utile de l'européisme. Jamais, depuis ses critiques proférées à l'encontre de l'Europe de Bruxelles, il ne s'est donné les moyens pour donner une réalité à ses prétendues revendications.
En juin dernier, lors de la négociation du traité européen chargé de remplacer la Constitution européenne, le futur Traité de Lisbonne, il s'est tout bonnement couché devant l'idéologie européiste. Il a accepté sans le moindre rechignement un traité, véritable copie de la Constitution européenne, qui pérennisait le système qu'il avait tant combattu... verbalement. Un traité qui enterre donc ses revendications, ainsi même que la possibilité future de se battre pour. Un traité qui fait de lui un simple préfet docile de Bruxelles, chef d'un gouvernement de fantoches. Qui plus est, un traité qu'il a imposé à des Français cocus deux fois, en 2005 et en 2007.
Aujourd'hui, Sarkozy le clown, Sarkozy le comique-troupier que tous les européistes raffolent, nous refait le coup de l'eurosceptique en guerre contre les tenants de Bruxelles. Pures gesticulations donquichottiennes ! Pure tromperie ! Pure comédie nauséabonde ! Il sait très bien que les Français, et l'ensemble des peuples européens, n'en peuvent plus de cette Europe folle. Alors, au lieu de tenir un langage eurobéat qui fait fuire tout le monde, il surfe sur cette vague «eurosceptique »... pour mieux la manipuler et la faire taire.
Que les euro-intégristes de base de tous poils se rassurent, Nicolas Sarkozy est des leurs. Il n'est en rien un eurosceptique, un gaullo-souverainiste, un nationaliste ou que sais-je encore. Il est au contraire leur meilleur allié. Il est même sans aucun doute l'un des soldats les plus zélés et les plus habiles de la cause européiste totalitaire. Eurosceptique par devant, européiste par derrière, il en est absolument le meilleur gardien.
19:57 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sarkozy, union européenne, bce, présidence française, bruxelles, europe
29.06.2008
Traité de Lisbonne : la sanction démocratique irlandaise
Par Laurent Dauré & Dominique Guillemin
Le 12 juin, le peuple irlandais a rejeté le traité de Lisbonne par 53,4 % des voix. Sa Constitution l’obligeant à organiser un référendum, l’Irlande fut le seul pays de l’Union où purent s’exprimer les enjeux du processus d’intégration à l’œuvre malgré l’échec du traité constitutionnel européen en 2005.
Le Non irlandais ne doit pas être interprété comme un refus isolé, il s’inscrit au contraire dans la continuité des Non français et néerlandais. Les aveux de nombreuses personnalités européennes en attestent. Valéry Giscard d’Estaing, architecte en chef de la Constitution, avait lui-même affirmé que le « mini-traité » a le même contenu que le texte précédent. Ainsi : « La substance de la Constitution est maintenue. C’est un fait », comme l’avoue Angela Merkel.
Pour la troisième fois un peuple européen repousse une vision présentée comme incontournable. Malgré leur fameuse « pédagogie », les élites européennes peineraient encore à convaincre ? Ne serait-il pas temps qu’elles prennent acte de cette fin de non-recevoir pour redéfinir le projet européen ? Mais ceci nécessiterait un véritable débat qu’elles n’ont aucunement l’intention d’ouvrir, les dirigeants de l’UE restant sourds à toute proposition alternative. L’acharnement dogmatique dont ils font preuve pour imposer leurs vues en contournant les peuples réticents jette rétrospectivement un voile de suspicion sur les étapes précédentes de l’intégration européenne. Car, après tout, comme l’a dit José-Manuel Barroso : « Si on avait organisé un référendum sur la création de la Communauté européenne, ou sur l’euro, vous croyez vraiment que ce serait passé ? »
Si l’’Europe est « dans l’impasse », c’est qu’elle n’envisage qu’’une seule voie ; si elle est « en crise », c’’est qu’elle souffre de schizophrénie. En effet, comment pourrait-elle concilier les vertus démocratiques dont elle se prévaut tout en niant la souveraineté des peuples qui en sont la source ? La seule solution que les européistes consentent à apporter à leurs échecs est toujours « plus d’’Europe ». En 2005, l’onction de la légitimité populaire paraissant acquise, les citoyens européens furent abondamment informés du projet qu’on leur soumettait ; en 2008, le traité de Lisbonne ressuscita la Constitution Giscard en la camouflant sous une forme quasi illisible. Avant même le résultat du vote irlandais, les députés européens rejetèrent par 499 voix contre 129 un amendement déposé par la Gauche unitaire européenne demandant que le Parlement « s’engage à respecter le résultat du référendum irlandais ». En bon droit communautaire, un traité doit être accepté à l’unanimité des États membres pour pouvoir entrer en vigueur, pourtant l’Union européenne considère ce principe comme obsolète, plaçant sa propre légitimité au-dessus de celle des nations qui la composent, des nations reléguées au statut de vestiges archaïques dont il convient de se débarrasser.
Aussi faut-il s’attendre aux mêmes supercheries après le Non irlandais. On y réfléchissait à Bruxelles avant même que la date du référendum ne soit fixée. Si cette fois-ci il semble peu probable que l’on fasse voter à nouveau les Irlandais (comme pour le traité de Nice), plusieurs dirigeants européens suggèrent carrément de poursuivre le processus de ratification comme si de rien n’était ; on envisage également un aménagement du traité sur le modèle anglais et polonais et même un isolement pur et simple de l’Irlande, qui se retrouverait ainsi écartée de l’’Europe « normalisée ». La « petite » Irlande ingrate de surcroît — ne pouvant pas décemment s’opposer à la construction européenne.
Une épaisse confusion règne sur la notion de souveraineté, notion qui semble déjà caduque quand il s’agit des nations et qui reste illégitime quand elle émane du « premier empire non impérial » (José-Manuel Barroso). Paradoxe pour paradoxe, pourquoi ne pas parler aussi de première démocratie non démocratique ?
Comment envisager dans ce contexte la présidence française de l’UE à partir du 1er juillet ? Celle-ci, longuement préparée et attendue par Nicolas Sarkozy, devait entériner « le retour de la France dans l’Europe ». Anticipant l’entrée en vigueur du traité de Lisbonne le 1er janvier 2009, le Président souhaitait relancer de grands chantiers européens. Devra-t-il tempérer ces ambitions pour ne gérer qu’une nouvelle période de crise et d’attente ou saura-t-il se saisir de cette occasion, appliquant le volontarisme politique qu’il a si souvent prôné, pour sortir l’Europe de la seule véritable impasse dans laquelle elle s’est mise, celle d’’un projet coupé de l’’intérêt des peuples et des nations ? On peut en douter, mais alors le projet européen achèvera de perdre toute crédibilité démocratique.
Jusqu’alors les européistes ont systématiquement assimilé l’Union européenne au Bien en soi, ce Bien n’étant ni contestable ni négociable. C’est ainsi qu’ils défendent l’idée d’une Europe octroyée par le haut, à la manière de ce « despotisme éclairé » dont parlait fièrement Jacques Delors. C’est cette même Europe que viennent de refuser les Irlandais.
23:29 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : irlande, non, traité de lisbonne, europe, barroso, giscard
18.05.2008
Pétition pour le maintien du 8 mai
Une simple brève dans la presse écrite nationale ; une dépêche lue à la radio, c'est ainsi que les français ont appris en ce début du mois de mai 2008 que François Fillon n'écartait pas l'idée avancée par le Premier ministre Luxembourgeois, Jean-Claude Juncker, de faire du 9 mai, jour de la fête de l'Europe, un jour férié en remplacement du 8 mai.
Déjà en 1975, le président de la République, Valéry Giscard d'Estaing avait décidé de supprimer la commémoration de la victoire alliée du 8 mai au motif de la réconciliation franco-allemande dans le cadre de la relance de la construction européenne.
Cette volonté de supprimer le 8 mai participe d'une vision dévalorisante et mortifère de l’Histoire de France où certains souhaitent amputer la mémoire nationale pour faciliter une intégration dans une Europe fédérale, libérale et atlantiste.
Mais le devoir de mémoire ne peut se satisfaire d'une information sélective car les peuples qui ferment les yeux sur leur passé risquent fort d'être condamnés à le revivre en devenant aveugles devant le présent.
Au moment même où Nicolas Sarkozy a rendu hommage à "la vraie France", celle de la Résistance, ajoutant que la France, "elle n'était pas à Vichy, elle n'était pas dans la Collaboration", cette annonce constitue une véritable provocation.
Puisque l'idée d'un 9 mai férié en Europe, qui remplacerait le 8 mai, sera discutée au Parlement français, nous vous invitons à signer cette pétition pour le maintien d'un 8 mai férié et de ses commémorations nationales afin de démontrer à nos représentants l'attachement du peuple français à cette date anniversaire.
Diffusez et faites signer autour de vous cette pétition afin de leur rappeler que la commémoration de la victoire remportée par les armées françaises et alliées le 8 mai 1945, comme d'autres journées commémoratives telle que le 18 juin (anniversaire de l'appel du général de Gaulle depuis Londres) ou, surtout, le 11 novembre, rassemblent la population autour de grandes manifestations.
23:18 Publié dans Nation | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : upf, union du peuple français, 8 mai, 9 mai, fillon, europe
24.02.2008
Municipales et cantonales : la liste des traîtres à sanctionner

Les élections municipales et cantonales approchent à grand pas. L'occasion de sanctionner durement dans les urnes les parlementaires s'y présentant qui, la semaine du 4 février dernier, ont trahi la démocratie en refaisant passer de leur propre chef un texte capital que le peuple avait refusé deux ans plus tôt. Kelly-Eric Guillon, président de Pupilles de la Nation - Homega, dresse une liste de ces parlementaires traîtres, accompagné du mandat qu'ils convoitent. Pratique et utile pour bien voter.
17:40 Publié dans Souveraineté Nationale et Populaire | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : municipales, traité de lisbonne, europe, congrès, versailles, démocratie, cantonales
23.02.2008
Traité européen : Que s’est-il passé ?
Du référendum de 2005 à la ratification de 2008
Par Laurent Dauré et Dominique Guillemin
Le 4 février 2008, le parlement réuni en Congrès à Versailles a voté le projet de loi modifiant le titre XV de la Constitution française. Trois jours plus tard, le 7 février, l’Assemblée ratifiait le traité de Lisbonne. Sa publication au Journal Officiel le 14 février entérine l’adhésion de la France au nouveau traité européen.
Qu’est-ce que le traité de Lisbonne, également appelé « traité simplifié » ou « mini-traité » ? C’est un accord réformant les institutions de l’UE à vingt-sept. Il a été rédigé à partir de la Constitution européenne de Valéry Giscard d’Estaing qui fut rejetée par référendum en France le 29 mai 2005 (55%) et aux Pays-Bas le 1er juin 2005 (61%).
Que s’est-il passé entre ces refus exprimés et l’adhésion des parlementaires en 2008 ? Avant le vote de 2005, Valéry Giscard d'Estaing déclarait : « C'est une bonne idée d'avoir choisi le référendum, à condition que la réponse soit oui. » (1) Un an après, il persiste : « Le rejet de la constitution était une erreur, qui doit être corrigée. » (2) Même après les Non français et hollandais, des états adoptèrent une Constitution qui n’avait pourtant aucune chance d’aboutir légalement, signe que le projet initial n’était pas amendable : « Si c’est Oui, nous dirons : « allons-y !» ; si c’est Non, nous dirons : « on continue ! » (...) Il faudra attendre la fin du processus de ratification dans l'Union européenne. Si à la fin de ce processus, on n'arrive pas à résoudre les problèmes, les pays qui auront dit Non devront se reposer la question » (3). Pourquoi donc avoir soumis un texte aussi impératif aux aléas des consultations populaires ? Convaincus que leur projet recevrait l’onction populaire, les promoteurs de l’UE ont fait preuve de trop d’optimisme. En 2005, le texte de la Constitution fut envoyé aux citoyens qui, invités à suivre massivement la campagne, ne s’en privèrent pas. Le débat déborda rapidement le cadre des grands médias, marqués par leur préférence affichée pour le Oui (4), en s’animant à travers de nombreux forums, rencontres, blogs et publications diverses. Durant cette période, les partisans de la Constitution défendirent leur projet en recourant à de grandes généralités aussi vagues qu’impératives (« Il faut faire l’Europe », « Il faut relancer l’Europe », « Il faut plus d’Europe », etc.) ; en somme, il faut faire l’Europe parce qu’il faut faire l’Europe. La méthode, fort commode, consista à faire passer les arguments du Non pour de dangereux archaïsmes. La prédiction de grands désastres devait convaincre les plus hésitants (5). Ces incantations grandiloquentes occultèrent la nature politique du projet en question ; Europe fédérale ? Super-état européen ? Europe des nations ? Quoi qu’il en soit, pour les tenants du projet de Constitution, il n’y avait pas de « plan B », il fallait donc trouver un moyen pour « sortir l’Europe de l’impasse. » Cette expression et ses variantes, omniprésentes en 2005 comme en 2008, relèvent du récit fondateur qui devait unir les peuples de vingt-sept nations souveraines dans un nouveau cadre politique. L’UE reste persuadée que la légitimité populaire va parachever son œuvre légale.
Les Non de 2005 provoquent une crise qui interrompt ce scénario idéal, sans qu’il soit question de redéfinir le projet : ceci n’a tout simplement jamais été envisageable. La « crise de l’Europe » ne résidait finalement pas dans le choix d’une orientation institutionnelle et politique, mais n’était qu’une péripétie passagère à laquelle il convenait de remédier. Pourtant, aucun nouveau texte ne fut proposé avant l’été 2007, et ceci pour deux raisons : 1. Le calendrier électoral français, Jacques Chirac ne pouvant revenir sur le verdict des urnes, ce rôle était donc dévolu à son successeur. Nicolas Sarkozy promit de tenir compte du vote du 29 mai et proposa « un traité simplifié pour rassembler les mesures qui font consensus dans la Constitution de Valéry Giscard d’Estaing » (6) qui serait ratifié par voie parlementaire. 2. Il fallait prendre le temps d’élaborer ce traité sur le principe suivant : « Toutes nos propositions seront dans le nouveau texte, mais cachées ou déguisées » (7).
Ainsi l’UE maquille la Constitution Giscard qu’elle se refuse à abandonner pour en faire le traité de Lisbonne. La démarche du Président était légitime dans la mesure où le « mini-traité » devait être fondamentalement différent du texte précédent (8) (plus protecteur, moins libéral, réconciliant le Oui et le Non…) ; alors comment expliquer ces déclarations : « La substance de la Constitution est maintenue. C’est un fait » (9) ; « Nous n’avons pas abandonné un seul point essentiel de la Constitution » (10) ; « Il n’y a rien du paquet institutionnel originel qui ait été changé » (11) ; « Seuls des changements cosmétiques ont été opérés et le document de base reste le même » (12) ; « C’est essentiellement la même proposition que l’ancienne Constitution » (13) ; « En n’appelant pas ce traité une Constitution, ce qu’il y a de bien, c’est que personne ne pourra demander un référendum » (14) ; « La substance du traité constitutionnel a été préservée du point de vue du Luxembourg… Bien entendu, il y aura des transferts de souveraineté. Mais serais-je intelligent d’attirer l’attention du public sur ce fait ? » (15) ; etc., etc. ? Comme autant de soupirs de soulagement, ces aveux célébraient la sauvegarde du traité originel mais trahissaient une volonté explicite de dissimulation, à l’opposé de l’esprit de transparence qui visait à recueillir l’adhésion des citoyens européens en 2005. « Le but du traité constitutionnel était d’être plus lisible… Le but de ce traité est d’être illisible… La Constitution voulait être claire alors que ce traité voulait être obscur. C’est un succès. » (16) Le traité de Lisbonne n’est pas un texte homogène, mais un assemblage de modifications à la Constitution européenne, de références aux traités antérieurs et d’annexes permettant d’isoler les parties trop critiquées en 2005. La méthode « consiste à vouloir conserver une partie des innovations du traité Constitutionnel et à les camoufler en les faisant éclater en plusieurs textes. Les dispositions les plus innovantes feraient l’objet de simples amendements aux traités de Maastricht et de Nice. Les améliorations techniques seraient regroupées dans un traité devenu incolore et indolore. L’ensemble de ces textes serait adressé aux Parlements, qui se prononceraient par des votes séparés. Ainsi l’opinion publique serait-elle conduite à adopter, sans le savoir, les dispositions que l’on n’ose pas lui présenter en direct. » (17) Peu importe dès lors que le « mini-traité » fasse 267 pages, environ 3000 avec les annexes (18). Cette supercherie permet de contourner les peuples réticents, procédé qui jette rétrospectivement un voile de suspicion sur les étapes précédentes de l’intégration européenne. Car, après tout, comme l’a dit José-Manuel Barroso, « Si on avait organisé un référendum sur la création de la Communauté européenne, ou sur l’Euro, vous croyez vraiment que ce serait passé ? » (19)
Avec ce genre de méthode, la ratification française n’était plus qu’une formalité une fois Nicolas Sarkozy élu et disposant d’une majorité au Parlement, puisque « [Les modifications] ont été conçues pour permettre à certains chefs de gouvernement de vendre à leur peuple l’idée d’une ratification parlementaire, plutôt que par référendum. » (20) Les étapes suivantes du processus s’enchaînent sans difficultés : le 13 décembre 2007, le traité est signé par les chefs d’état des vingt-sept à Lisbonne ; la France est le cinquième pays à le ratifier. Un climat d’approbation médiatique et politique, accompagné d’un discours apaisant de « sortie de crise », permet de ne soulever aucun débat sur le contenu du projet rejeté par le peuple en 2005. L’année 2008 sera consacrée aux ratifications nationales, la mise en application des nouvelles institutions européennes interviendrait dès le 1er janvier 2009. A ce jour, l’Irlande est le seul pays à organiser un référendum, sa Constitution l’y obligeant. La date initialement prévue a été repoussée, les sondages n’étant pas favorables. Favorables au Oui, s’entend.
« Il est plus facile de légaliser certaines choses que de les légitimer » Chamfort
[1] Le Monde, le 6 mai 2005.
2 Discours devant la London School of Economics, le 26 juin 2006.
3 Jean-Claude Juncker, Premier Ministre luxembourgeois, quelques jours avant le référendum français en 2005, Daily Telegraph, le 26 mai 2005. D’ailleurs, le Luxembourg ratifia la Constitution le 10 juillet 2005.
4 29% d’interventions télévisées en faveur du Non contre 71% en faveur du Oui selon l’émission « Arrêt sur images », France 5, le 10 avril 2005.
5 Deux exemples parmi d’autres : « Si vous votez Non, vous nous exposez à un risque de guerre. » Pierre Lellouche, député UMP de Paris, France 2, le 26 avril 2005 ; « Ceux qui font la fine bouche devant la Constitution européenne devraient avoir en mémoire les photos d'Auschwitz. » Jean-Marie Cavada, dépêche AFP datée du 22 janvier 2005.
6 Nicolas Sarkozy, Europe 1, le 31 janvier 2007.
7 Valéry Giscard d’Estaing, Sunday Telegraph, le 1er juillet 2007.
8 « Il va de soit que ce traité simplifié, ça ne peut pas être une nouvelle Constitution, car la Constitution, les Français ont dit non, et d’autres ont dit non également. Mais il faut doter l’Europe d’institutions qui font consensus. » Nicolas Sarkozy, rencontre avec José-Manuel Barroso, Bruxelles, le 23 mai 2007.
9 Angela Merkel, chancelière d’Allemagne, The Daily Telegraph, le 29 juin 2007.
10 José Luis Zapatero, Premier Ministre du Royaume d’Espagne, discours du 27 juin 2007.
11 Astrid Thors, ministre des Affaires européennes de la République de Finlande, TV-Nytt, le 23 juin 2007.
12 Vaclav Klaus, Président de la République Tchèque, The Guardian, le 13 juin 2007.
13 Margot Wallstrom, commissaire européen, Svenska Dagbladet, le 26 juin 2007.
14 Giuliano Amato, ancien vice-Président de la Convention européenne, discours devant la London School of Economics, le 21 juillet 2007.
15 Jean-Claude Juncker, Premier Ministre du Grand Duché de Luxembourg, Agence Europe, le 24 juin 2007.
16 Karel de Gucht, ministre belge des Affaires étrangères, Flandreinfo, le 23 juin 2007.
17 Valéry Giscard d’Estaing, Le Monde, le 14 juin 2007.
18 A comparer aux 191 pages de la Constitution européenne et aux 30 pages de la Constitution française.
19 Président de la Commission européenne, Daily Telegraph, le 14 novembre 2007
20 John Bruton, ancien Premier Ministre d’Irlande, ambassadeur de l’Union Européenne auprès des Etats-Unis, Irish Times, le 30 juin 2007.
17:30 Publié dans Souveraineté Nationale et Populaire | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : traité de lisbonne, europe, constitution, démocratie, non, 29 mai 2005, sarkozy
11.02.2008
Le Traité de Lisbonne ratifié, la dictature est en marche
C'est fait. Après la révision constitutionnelle préalable, les parlementaires se sont prononcés à une très large majorité pour la ratification du Traité de Lisbonne, pérennisant une Europe libérale et anti-démocratique, dont les français avaient pourtant rejeté les bases le 29 mai 2005.
Après les députés jeudi, qui ont adopté le projet de loi de ratification par 326 voix contre 52, les sénateurs ont bouclé le processus ce vendredi, à deux heures et quart du matin, en se prononcant à leur tour favorablement à la ratification par 265 voix contre 42. Le projet de loi de ratification va maintenant être envoyé à Nicolas Sarkozy, qui devrait le signer rapidement.
Les politiciens traîtres et les médias dominants se félicitent sans sobréité aucune de cette grande nouvelle. L'Europe, paraît-il, va enfin pouvoir reprendre sa glorieuse marche humaniste, après que ces salauds de français l'aient bloqués honteusement en votant il y a deux ans contre la divine recommandation des élites, ces gens qui pensent bien, contrairement au petit peuple bête et stupide.
Les plus heureux - et les plus naïfs - sont sans conteste les parlementaires socialistes qui ont légitimé ce déni de démocratie, et qui pensent que l'affaire est aujourd'hui close, et qu'ils pourront enfin savourer tranquille - sans ces citoyens couillons un peu trop scrupuleux sur l'éthique démocratique et républicaine - leur soi-disante "victoire" annoncée aux municipales. Que ces messieurs et mesdames sachent qu'on ne les lâchera pas de sitôt, tout comme l'ensemble des traîtres et leurs complices.
Nous ne les lâcherons pas, et nous n'oublierons rien du coup sans précédent et irresponsable qu'ils auront porté à la République et à la France.
En ratifiant le Traité de Lisbonne, les parlementaires ont remis en selle tout l'esprit de la Constitution Giscard rejetée : sacralisation des politiques libérales, absence réelle de démocratie dans les prises de décisions, élargissement des compétences exclusives de l’Union européenne, élargissement des décisions prises à la majorité qualifiée, etc.
En acceptant ces dispositifs, il en est désormais fini du droit du peuple français à disposer de lui-même. Sommé d'obéir à toutes les décisions d'un super-Etat européen, qui plus est gouverné par des bureaucrates non élus, il en sera fini à terme du modèle social, laïque et républicain français, minoritaire dans l'Union. Il en sera également fini de notre politique étrangère indépendante, à laquelle nombre de pays européens préfère de loin un atlantisme borné.
En clair, le Traité de Lisbonne fait aujourd'hui de la France une province docile de l'Empire.
Et ceux qui se prétendent être l''opposition" dans ce pays, la gauche pseudo-socialiste des messieurs Hollande et Moscovici, ainsi que le Mouvement pseudo-Démocrate de Bayrou, cautionnent totalement cet état de fait. Chez eux aussi, en dehors de cette Europe folle, point de salut ! Pas la moindre critique sérieuse, ni sur le fond ni sur la forme. Que des belles paroles sans lendemain. Voyez donc à quel point ils forment une alternative crédible à la politique sarkozyste !
La dictature qui se met en marche aujourd'hui paraît si forte, si rusé qu'elle ne laisserait plus de vie à la moindre opposition, ni à la moindre alternative crédible. Cette opposition, cette résistance à l'inacceptable est pourtant au coeur même du peuple français. Il ne tient qu'à un réveil du peuple - que l'on a minutieusement endormi - pour qu'elle puisse se reformer, recouvrer notre liberté et restaurer la République. Loin de tout extrêmisme et de toute intransigeance partisane, les militants républicains, patriotes et progressistes de ce pays - à condition qu'ils mettent de côté leurs dissenssions et regroupent enfin leurs efforts - peuvent sonner le début de l'insurrection générale. Seule une opposition unie, forte et populaire, en France comme ailleurs en Europe, sera en effet à même de faire tomber ce Leviathan, cet Empire sacralisé.
17:40 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : traité de lisbonne, ratification, parlement, députés, sénateurs, europe, démocratie
06.02.2008
Le triomphe (passager) de l'européisme totalitaire
Ce 4 février 2008, jour qui fera à n'en pas douter date dans notre histoire, les députés et sénateurs, réunis en Congrès, ont adoptés par 560 voix contre 181 la révision constitutionnelle préalable à la ratification du Traité de Lisbonne. Ce vote avait un enjeu simple : les parlementaires pouvaient-ils OUI ou NON renier de leur propre chef la volonté des français exprimée le 29 mai 2005 à propos de la Constitution européenne, et dont le Traité de Lisbonne est une copie ? Sans aucun scrupule, ils ont répondu à l'affirmative à une écrasante majorité.
Du côté de l'Assemblée Nationale, le groupe UMP a massivement voté pour (306), trois ont voté contre dont le souverainiste Jacques Myard, trois se sont abstenus et six n'ont pas pris part au vote. Au groupe "socialiste, radical et citoyen", il y a eu 17 votes pour, dont celui de l'ineffable Jack Lang, 91 contre, dont ceux de Laurent Fabius et d'Henri Emmanuelli, et 93 abstentions dont celles de Jean-Marc Ayrault, président du groupe, et de François Hollande, premier secrétaire du PS. Il y a eu également trois non-votants dont Jean Glavany. Au sein du groupe de la "gauche démocrate et républicaine", il y a eu 21 votes contre et trois abstentions - celles de trois députés Verts (Yves Cochet, Noël Mamère et François de Rugy). Au groupe du Nouveau centre, il y a eu 20 votes pour et deux contre (Philippe Folliot et Jean-Christophe Lagarde). Parmi les non-inscrits, il y a eu quatre pour dont François Bayrou - qui s'étaient pourtant prononcés pour un référendum pendant sa campagne présidentielle -, quatre contre dont ceux de Jean Lassalle (Modem) et Nicolas Dupont-Aignan et une abstention.
Du côté du Sénat, 149 UMP ont voté pour, quatre contre dont Charles Pasqua, trois se sont abstenus et trois n'ont pas pris part au vote. Au groupe socialiste, il y a eu 15 votes pour, 30 contre dont Jean-Luc Melenchon, 49 abstentions dont celle de Jean-Pierre Bel, président du groupe, et de Pierre Mauroy. Il y a eu deux non-votants. Les 30 membres du groupe Union centriste-UDF ont tous voté pour. A l'inverse des 23 membres du groupe "communiste, républicain et citoyen" qui ont tous voté contre. Au groupe du Rassemblement démocratique et social (RDSE), groupe de radicaux des deux rives, il y a eu 15 votes pour et un contre.
Reste désormais aux deux chambres de se prononcer sur le Traité de Lisbonne lui-même, dont l'issue ne laisse guère de doute. Présenté ce mercredi en conseil des ministres, le projet de loi autorisant la ratification du Traité sera examiné dans la soirée par les députés, qui se prononceront le lendemain par un vote solennel. Le Sénat l'examinera enfin dans la foulée en séance de nuit, pour une adoption définitive du Traité par le Parlement.
Seulement 181 parlementaires auront ainsi respecté la parole du peuple français. Qu'ils soient honorés et remerciés. Les autres, qu'ils aient votés pour ou qu'ils se soient abstenus, l'ont ni plus ni moins trahi. Qu'ils sachent que la lourde faute contre la démocratie dont ils se sont rendus coupable - véritable coup d'Etat - ne restera pas impunie, bien au contraire. Nombre de ces individus sans foi ni loi se présenteront aux élections de mars prochain. L'honneur et le bon sens des citoyens que nous sommes doivent nous amener, dans les urnes, à les sanctionner - et à les faire sanctionner - avec la plus grande sévérité. Plus un seul suffrage ne doit aller à ces traîtres, ainsi qu'à l'ensemble de leurs complices, élus et partis.
Ce coup de force européiste, que nous devons considérer comme une déclaration de guerre faite à la démocratie, à la République et à la France, ne doit pas signifier le début du découragement, du renoncement, de la soumission à l'Empire. Il doit signifier au contraire l'amplification de notre lutte que l'on finira tôt ou tard par reconnaître comme juste. L'européisme totalitaire triomphe aujourd'hui, mais ce n'est que passager. En révélant sa vraie nature, dictatoriale, l'Europe telle qu'elle existe aujourd'hui a signé son arrêt de mort. Comme tous les empires basés sur la contrainte et la violence, cette Europe sombrera, tôt ou tard...
Pour une Europe de nations libres et soeurs, plus que jamais, la lutte continue !
15:35 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : congrès de versailles, démocratie, traité de lisbonne, parlement, europe, ump, ps
30.01.2008
Au tour du Sénat de violer la volonté du peuple !
Après l'Assemblée nationale le 16 janvier, le Sénat a adopté sans surprise cette nuit la révision de la Constitution préalable à la ratification du traité de Lisbonne. Sur 258 sénateurs participants au vote, 210 se sont prononcés pour, et seulement 48 sénateurs ont défendu la volonté du peuple français en se prononçant contre.
Parmi ces derniers, 23 sénateurs étaient issus du groupe communiste, républicain et citoyen (Mme Éliane Assassi, M. François Autain, Mme Marie-France Beaufils, MM. Pierre Biarnès, Michel Billout, Mme Nicole Borvo Cohen-Seat, MM. Robert Bret, Jean-Claude Danglot, Mmes Annie David, Michelle Demessine, Évelyne Didier, MM. Guy Fischer, Thierry Foucaud, Mmes Brigitte Gonthier-Maurin, Gélita Hoarau, MM. Robert Hue, Gérard Le Cam, Mme Josiane Mathon-Poinat, MM. Jack Ralite, Ivan Renar, Mme Odette Terrade, MM. Bernard Vera, Jean-François Voguet.), 22 sénateurs étaient socialistes (M. Bernard Angels, Mmes Maryse Bergé-Lavigne, Alima Boumediene-Thiery, MM. Michel Charasse, Pierre-Yves Collombat, Roland Courteau, Jean Desessard, Michel Dreyfus-Schmidt, Mme Josette Durrieu, MM. Charles Gautier, Jean-Pierre Godefroy, Mme Annie Jarraud-Vergnolle, M. Alain Journet, Mme Bariza Khiari, MM. André Lejeune, Alain Le Vern, Marc Massion, Jean-Luc Mélenchon, Jean-Pierre Michel, Marcel Rainaud, Robert Tropeano, André Vantomme), 2 sénateurs UMP : MM. André Lardeux, Charles Pasqua) et un sénateur villiériste (Bernard Seillier).
Ces 48 sénateurs ajoutés aux 77 députés qui avaient votés NON le 16 janvier dernier, cela fait à peine 125 parlementaires sur 908 (soit 14 % d'entre eux) qui respectent la volonté du peuple français exprimée à ce sujet le 29 mai 2005.
Lundi, 783 parlementaires s'apprêtent donc à désavouer le peuple et à démanteler la démocratie... Le tout dans un silence assourdissant.
21:21 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sénat, traité de lisbonne, europe, référendum, congrès, modification constitutionnelle, union européenne
10.11.2007
Français, exigez un référendum !
Français, refusez le coup de force. Mobilisez-vous pour exiger votre consultation à propos du "traité simplifié", qui n'est rien d'autre que la copie de la Constitution européenne que vous avez rejeté le 29 mai 2005.
Faites vivre la CHAINE DU REFERENDUM en envoyant ce lien ci-dessus à tous vos proches, amis, connaissances et collègues.
00:22 Publié dans Souveraineté Nationale et Populaire | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : référendum, traité simplifié, traité modificatif, europe, sarkozy, france, peuple
01.11.2007
Giscard dévoile le pot aux roses sur le Traité simplifié
Dans le quotidien anglais The Independent, Valéry Giscard d'Estaing avoue qu'il n'y a pas de différence entre le traité simplifié et le traité constitutionnel rejeté par les Français en 2005.
Les rares changements sont symboliques. L'appellation de « Constitution » a disparu et les symboles européens, comme le drapeau et l'hymne de l'Europe, ont été supprimés. « Quoique ridicules, et destinées heureusement à rester inappliquées, ces décisions sont moins insignifiantes qu'elles n'y paraissent. Elles visent à écarter toute indication tendant à évoquer la possibilité pour l'Europe de se doter un jour d'une structure politique», précise Giscard. Bref, si l'Europe est bien en train de se doter d'une Constitution, il ne faut pas que cela se voit. Autre changement par rapport au TCE : les concessions faites aux Anglais. La charte des droits fondamentaux, sorte de version améliorée et actualisée de la charte des droits de l'Homme, est retirée du projet, et fera l'objet d'un texte séparé, ce qui permettra à la Grande-Bretagne de ne pas être liée par elle. On ne peut pas vraiment parler d'une avancée…
VGE dit tout haut ce que les rares et courageux lecteurs du traité (240 pages pas du tout simplifiées) savent, sans un instant se poser la question du respect du suffrage universel. Suffrage qui, en 2005, a rejeté un texte, de son aveu très similaire. Ce déni de démocratie ne semble pas l'atteindre. Sur la possibilité d'un référendum, il reste d'ailleurs très obscur : « La phase suivante sera celle des ratifications. Elle ne devrait pas rencontrer de grandes difficultés – en dehors de la Grande-Bretagne où un référendum aboutirait manifestement à un rejet -, car la complication du texte, et son abandon des grandes ambitions suffisent pour en gommer les aspérités. » Est-ce à dire qu'il faut continuer à ce que les textes européens soient imbuvables pour qu'ils soient acceptés sans débat ? Difficile d'en être sûr, tant la prose giscardienne est alambiquée.
Pauline Delassus, Marianne2.fr
15:49 Publié dans Souveraineté Nationale et Populaire | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : traité modificatif, traité simplifié, constitution, sarkozy, giscard, non, europe



